Affaire Enron : l’Administration Bush citée à comparaître devant le Sénat
le 23 mai 2002 à 00h00
Une commission sénatoriale américaine a exigé hier de la Maison-Blanche qu’elle fournisse des documents relatifs à ses contacts avec les dirigeants d’Enron, la firme de courtage en énergie qui a fait faillite, engageant un nouveau bras de fer avec l’Administration Bush. C’est la première fois qu’une commission du Congrès approuve de telles citations visant la Maison-Blanche dans cette affaire. La commission, qui est contrôlée par les démocrates, a approuvé ces citations par 9 voix contre 8. La Maison-Blanche n’a pas tardé à réagir en jugeant cette demande « inutile ». La décision de la commission intervient après que la Maison-Blanche fut apparue réticente, selon les démocrates, à transmettre ces documents, réclamés dans une lettre datée du 27 mars et signée du président de la commission des Affaires gouvernementales, le sénateur démocrate Joseph Lieberman. « La commission n’a pas d’autre choix que d’émettre ces citations afin d’obtenir ces documents », a déclaré le sénateur Lieberman. Il a indiqué être « arrivé à la conclusion que nous avons fait l’objet, sinon d’une obstruction systématique, au moins d’une tentative délibérée de faire traîner les choses », en parlant du comportement de la Maison-Blanche. Les membres républicains de la commission ont protesté contre cette initiative, la qualifiant de « prématurée » et de « malvenue ». « Je ne conçois pas cette requête (...) comme raisonnable », a déclaré le sénateur républicain Fred Thompson. La commission des Affaires gouvernementales enquête entre autres pour déterminer si des responsables d’Enron ont pu influencer la politique énergétique de la Maison-Blanche, élaborée l’année dernière, ou si Enron a pu recevoir un traitement privilégié de quelque manière que ce soit. « Il est temps pour la Maison-Blanche de se montrer coopérative », a déclaré le sénateur démocrate Carl Levin. Une porte-parole de la Maison-Blanche, Anne Womack, a indiqué qu’il était encore « trop tôt » pour savoir si l’Administration Bush s’opposerait à cette citation, mais elle s’est dite « perplexe sur le fait de savoir pourquoi M. Lieberman avait choisi la voie de la confrontation plutôt que de travailler de concert avec la Maison-Blanche ». Elle a précisé que la présidence préparait un ensemble de documents qu’elle souhaitait transmettre dès hier après-midi à la commission. Enron avait déposé le bilan en décembre sous une montagne de dettes, provoquant une cascade d’enquêtes de la justice et du Congrès. Par ailleurs, un organisme dépendant du Congrès, le General Accounting Office, a récemment porté plainte en justice contre la Maison-Blanche afin également d’obtenir des documents relatifs à l’élaboration de sa politique énergétique. Cette action en justice est une première historique.
Une commission sénatoriale américaine a exigé hier de la Maison-Blanche qu’elle fournisse des documents relatifs à ses contacts avec les dirigeants d’Enron, la firme de courtage en énergie qui a fait faillite, engageant un nouveau bras de fer avec l’Administration Bush. C’est la première fois qu’une commission du Congrès approuve de telles citations visant la Maison-Blanche dans cette affaire. La commission, qui est contrôlée par les démocrates, a approuvé ces citations par 9 voix contre 8. La Maison-Blanche n’a pas tardé à réagir en jugeant cette demande « inutile ». La décision de la commission intervient après que la Maison-Blanche fut apparue réticente, selon les démocrates, à transmettre ces documents, réclamés dans une lettre datée du 27 mars et signée du président de la commission des Affaires...
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