De meilleurs résultats dans le traitement du cancer du sein à un stade précoce et des méthodes plus fines pour lutter contre la maladie, cancer le plus répandu chez la femme dans le monde, ont été annoncés dimanche et lundi lors d’un congrès mondial d’oncologie aux États-Unis. La plus importante étude, menée sur 1 491 femmes dans plusieurs pays, a révélé que le médicament Docetaxel (taxotere) avait réduit le risque de récurrence du cancer du sein de 32 % comparé à la chimiothérapie traditionnelle, trois ans après le traitement. En outre, ces patientes – dont le cancer n’avait pas dépassé le stade des ganglions lymphatiques – ont enregistré une réduction du taux de mortalité pouvant aller jusqu’à 54 % et un risque de récurrence réduit de 50 % quand le cancer ne touchait pas plus de trois ganglions, selon le Dr Jean-Marc Nabholtz, président du Breast Cancer International Research Group qui a mené l’étude. Sur l’ensemble du groupe étudié, le traitement postchirurgical administré a réduit de 24 % la mortalité des patientes, selon les travaux présentés lors du congrès annuel de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO) qui s’achève mardi. Ces chiffres « indiquent une amélioration significative quand on les compare à l’un des meilleurs traitements disponibles aujourd’hui », a estimé le Dr Nabholtz, professeur de médecine à l’Université de Californie à Los Angeles. D’autres enseignements dans le traitement précoce du cancer du sein sont à tirer d’une étude menée sur 1 477 femmes, qui montre les meilleurs résultats d’un traitement au tamoxifène s’il est administré après la fin de la chimiothérapie. Le tamoxifène, qui ralentit la croissance de certaines tumeurs mammaires, est administré depuis 20 ans aux patientes souffrant d’un cancer du sein à un stade avancé, et plus récemment utilisé pour traiter les cancers du sein peu évolués. « Nos résultats montrent qu’il vaut mieux attendre la fin de la chimiothérapie avant de débuter le tamoxifène pour obtenir un bénéfice optimal de la chimiothérapie », a expliqué le Dr Kathy Albain, qui a mené l’étude au Cancer Center de Loyola University à Chicago (Illinois, nord). Huit ans après le début de l’étude, les femmes ayant reçu le tamoxifène après la chimiothérapie avaient un taux de survie sans récurrence supérieur de 18 % à celles qui avaient reçu les deux traitements en même temps. D’autres travaux montrent pour la première fois que les femmes présentant des risques génétiques de développer un cancer du sein ou de l’ovaire peuvent réduire de 75 % leurs risques de cancer par l’ablation des ovaires. Cette méthode, qui ne s’adresse qu’aux femmes ayant passé l’âge de la procréation, « est une option à considérer », a recommandé le Dr Kenneth Offit du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center à New York. Une autre étude indépendante menée par l’ASCO préconise la prudence face à l’utilisation de l’anastrazole, un inhibiteur de l’aromatase, classe thérapeutique récente visant à traiter le cancer du sein chez la femme ménopausée par chimiothérapie hormonale. « Le groupe d’experts estime que les résultats de ce type de médicaments sont prometteurs mais ne suffisent pas pour recommander une utilisation généralisée en dehors des tests cliniques », a expliqué le Dr Eric Winer, qui présidait le groupe chargé d’évaluer ce médicament. « Patients et médecins peuvent être assurés que le tamoxifène demeure la meilleure option de traitement en dehors des tests cliniques, et qu’il réduit le risque de récurrence et améliore la survie en général », a souligné le Dr Winer, du Dana-Farber Cancer Institute de Boston (Massachusetts). Le cancer du sein est le plus répandu chez la femme, avec 800 000 nouveaux cas et 400 000 décès chaque année dans le monde. Environ 203 500 nouveaux cas seront diagnostiqués aux États-Unis en 2002, où près de 40 000 femmes succomberont à la maladie. Ce cancer est la deuxième cause de mortalité chez la femme derrière le cancer du poumon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats De meilleurs résultats dans le traitement du cancer du sein à un stade précoce et des méthodes plus fines pour lutter contre la maladie, cancer le plus répandu chez la femme dans le monde, ont été annoncés dimanche et lundi lors d’un congrès mondial d’oncologie aux États-Unis. La plus importante étude, menée sur 1 491 femmes dans plusieurs pays, a révélé que le médicament Docetaxel (taxotere) avait réduit le risque de récurrence du cancer du sein de 32 % comparé à la chimiothérapie traditionnelle, trois ans après le traitement. En outre, ces patientes – dont le cancer n’avait pas dépassé le stade des ganglions lymphatiques – ont enregistré une réduction du taux de mortalité pouvant aller jusqu’à 54 % et un risque de récurrence réduit de 50 % quand le cancer ne touchait pas plus de trois...