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Le Brésil, plus rugueux, doute de son talent

Le spectacle offensif du Brésil a illuminé bien des Coupes du monde par le passé, mais le talent unique de joueurs comme Pelé, Garrincha, Leonidas, Rivelino, Zico ou Socrates a laissé la place aux tacles ravageurs de la nouvelle génération des milieux de terrain. Sur les dix dernières années, le football brésilien est devenu l’un des plus violents du monde avec une incroyable moyenne de 55 fautes par match dans le championnat national. Cette agressivité s’est même répandue dans l’équipe nationale dirigée par Luiz Felipe Scolari, un entraîneur qui a ouvertement encouragé ses joueurs à commettre des fautes et qui en a même puni certains pour ne pas avoir joué la montre lorsque la sélection menait au score. La source de joueurs de génie s’est peu à peu tarie, à tel point que Romario, qui fut le fer de lance de la Coupe du monde 1994 remportée par le Brésil, est aujourd’hui considéré comme le joueur le plus doué du pays, à bientôt 36 ans. La vieille école a cependant toujours ses représentants comme Juninho Paulista ou le joueur de La Corogne Djalminha, mais ils sont trop souvent oubliés par Scolari, comme ils l’étaient par ses prédécesseurs. Seul pays à avoir participé aux 17 Coupes du monde, le Brésil va donc aborder le Mondial asiatique avec un moral qui n’a jamais été aussi bas. Et bien qu’il fasse automatiquement partie des favoris, il faudrait un retournement de tendance spectaculaire pour qu’il décroche cette année un cinquième titre mondial. Les Brésiliens ont bredouillé leur football durant les qualifications, perdant six de leurs 18 matchs pour finir un point derrière le modeste Équateur, et surtout à 13 points de leurs vieux rivaux argentins. Le Brésil n’a pas réussi à déterminer une équipe-type, puisque quatre entraîneurs et pas moins de 59 joueurs se sont succédé au cours des qualifications. D’humiliantes défaites Résultat, les quadruples champions du monde ont subi d’humiliantes défaites contre l’Équateur, le Chili, la Bolivie et le Paraguay – autant d’équipes qui ne résistaient pas aux attaquants brésiliens par le passé. La sélection a également lourdement chuté à la dernière Coupe des confédérations où elle n’avait gagné qu’un seul de ses cinq matchs avant de quitter le tournoi sur une nouvelle défaite face à l’Australie, lors de la finale pour la troisième place. La Copa America ne fut pas plus brillante pour les Brésiliens, éliminés par les très modestes joueurs du Honduras. Ce passage à vide coïncidait avec l’absence sur blessure du buteur Ronaldo. Le joueur de l’Inter Milan sera peut-être remis à temps pour la Coupe du monde, mais s’il joue, il subira une énorme pression car il sera considéré comme le sauveur du Brésil. Scolari devra aussi décider s’il persiste à faire jouer le meneur de jeu Rivaldo, qui paraît totalement éteint lorsqu’il joue en sélection alors qu’il a brillé l’an dernier avec Barcelone. Les remous qui ont secoué la Fédération brésilienne de football n’ont bien sûr pas arrangé les affaires de l’équipe nationale. Durant les qualifications, la fédération avait d’abord perdu le décompte des cartons jaunes reçus par ses joueurs, puis elle avait rappelé des joueurs déjà blessés, avant d’entamer une polémique avec la Fifa au sujet de la disponibilité des Brésiliens évoluant dans les clubs européens. Quant au championnat national, il ressemble à un champ de bataille désordonné, avec une pléthore de tournois incompréhensibles, un public de moins en moins nombreux et les meilleurs joueurs partis depuis longtemps à l’étranger. Le délabrement est si visible que deux enquêtes ont été ouvertes par le Congrès brésilien pour des faits de corruption et de mauvaise gestion découverts l’an dernier. Ces deux enquêtes ont montré des erreurs de gestion chroniques et des détournements de fonds, souvent à des fins politiques, au sein même de la Fédération brésilienne de football.
Le spectacle offensif du Brésil a illuminé bien des Coupes du monde par le passé, mais le talent unique de joueurs comme Pelé, Garrincha, Leonidas, Rivelino, Zico ou Socrates a laissé la place aux tacles ravageurs de la nouvelle génération des milieux de terrain. Sur les dix dernières années, le football brésilien est devenu l’un des plus violents du monde avec une incroyable moyenne de 55 fautes par match dans le championnat national. Cette agressivité s’est même répandue dans l’équipe nationale dirigée par Luiz Felipe Scolari, un entraîneur qui a ouvertement encouragé ses joueurs à commettre des fautes et qui en a même puni certains pour ne pas avoir joué la montre lorsque la sélection menait au score. La source de joueurs de génie s’est peu à peu tarie, à tel point que Romario, qui fut le fer de lance...