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Toppmoeller-Del Bosque : le provocateur et l’antistar

La cinquantaine enrobée et une solide carrière de footballeur professionnel semblent être les seuls points communs de l’Allemand Klaus Toppmoeller, l’entraîneur provocateur du Bayer Leverkusen, et de l’Espagnol Vicente Del Bosque, le gestionnaire des vedettes du Real Madrid, qui se retrouvent ce soir en finale de la Ligue des champions à Glasgow. « Topi », totalement néophyte à ce niveau de la compétition, n’a comme seul titre de gloire en tant entraîneur qu’un 3e tour de Coupe de l’UEFA avec Francfort. Del Bosque, sorte de roue de secours de luxe de l’institution madrilène, vise quant à lui sa deuxième victoire en trois ans dans le cadre d’un intérim qui se prolonge. Football créatif Klaus Toppmoeller, 50 ans, c’est l’anti Bayern Munich, l’homme qui ignore la langue de bois, celui qui fait souffler un vent revigorant sur la Bundesliga, découvre avec surprise la passion médiatique et profite de l’occasion pour clamer haut et fort son amour d’un « football créatif ». C’est un adepte déclaré d’un jeu rapide, offensif, avec des joueurs toujours en mouvement. Vicente del Bosque, 51 ans, n’a pas en revanche un système de jeu bien défini. Devant gérer en douceur un effectif de vedettes, sa grande préoccupation est « de faire le bon choix sans altérer l’ordre logique de l’équipe, sans aucune excentricité ». Au bord de la pelouse, « Topi » crie, gesticule, prend le ciel à témoin, saute et vit intensément son match. De son côté, Del Bosque reste impassible. Jamais un mot plus haut que l’autre. Pas un poil de son impeccable moustache ne bouge quand son équipe marque ou encaisse un but. « Crier ne sert à rien. De toute façon, au bout d’un moment plus personne n’écoute », estime-t-il. Joueur, Toppmoeller était un attaquant prolifique (108 buts en 204 matchs avec Kaiserslautern de 1972 à 1980). Barré au plus haut niveau par le « bombardier » Gerd Mueller, il ne compte que trois sélections. Né à Salamanque mais madrilène depuis 1973, Del Bosque a été un milieu de terrain fidèle à l’image qu’il reflète aujourd’hui: travailleur, récupérant un maximum de ballons pour alimenter ses attaquants vedettes. Cinq championnats, cinq Coupes d’Espagne, 16 sélections et une finale perdue de Coupe des champions (contre Liverpool en 1981) constituent une carte de visite respectable. Sens du devoir L’arrivée de Toppmoeller à Leverkusen en novembre 2000 a créé la sensation de l’année en Bundesliga alors que le club restait sur les échecs de Berti Vogts et Christoph Daum, limogés à la suite d’un scandale de cocaïne. Le milieu donnait alors bien peu de chance de réussite à ce passionné en provenance de Sarrebruck (D3), n’ayant comme expérience du haut niveau que l’équipe de Francfort, pendant 11 mois (1993-1994), puis le modeste Bochum (1994-1999). Del Bosque a, lui, raccroché ses crampons en 1984 pour devenir entraîneur du centre de formation du Real. Avec discrétion et sens du devoir, il assume deux intérims en 1994 puis en 1996, avant de s’effacer à chaque fois. Pourtant, il réapparaît en novembre 1999 pour remplacer le Gallois John Toschack. Six mois plus tard, le Real remporte sa 8e Coupe d’Europe, puis un nouveau titre de champion d’Espagne la saison suivante en sus d’une place de demi-finaliste en C1. En fait, ces deux hommes que tout semble séparer ont un indiscutable point commun : leur amour inconditionnel pour le football. Une passion qu’ils expriment selon leur caractère, avec fougue pour le Rhénan et discrétion pour le Latin. Un paradoxe de plus.
La cinquantaine enrobée et une solide carrière de footballeur professionnel semblent être les seuls points communs de l’Allemand Klaus Toppmoeller, l’entraîneur provocateur du Bayer Leverkusen, et de l’Espagnol Vicente Del Bosque, le gestionnaire des vedettes du Real Madrid, qui se retrouvent ce soir en finale de la Ligue des champions à Glasgow. « Topi », totalement néophyte à ce niveau de la compétition, n’a comme seul titre de gloire en tant entraîneur qu’un 3e tour de Coupe de l’UEFA avec Francfort. Del Bosque, sorte de roue de secours de luxe de l’institution madrilène, vise quant à lui sa deuxième victoire en trois ans dans le cadre d’un intérim qui se prolonge. Football créatif Klaus Toppmoeller, 50 ans, c’est l’anti Bayern Munich, l’homme qui ignore la langue de bois, celui qui fait souffler...