Les joies et les drames du braconnage sont le sujet favori des buveurs de bière au parc central d’Astrakhan, à deux pas des murs blancs et des coupoles vert et or de l’immense Kremlin local, principale attraction touristique de la ville. «Mon oncle a pris l’année dernière un poisson qui contenait 94 kilos de caviar. Il s’est acheté une voiture Volga neuve», affirme un chauffeur de taxi désœuvré. Son camarade raconte une histoire sombre. Un vieil homme de son village était allé à la pêche avec son canot et a découvert par hasard un grand filet plein d’esturgeons. Ne voyant personne alentour, il a «nettoyé» le filet et en a retiré un bénéfice substantiel. Le lendemain, il l’a fait à nouveau. Et le troisième jour, à peine avait-il arrêté son canot près du filet qu’il est tombé raide mort, la tête traversée par une balle. Le propriétaire du filet l’avait guetté tapi dans les buissons. Un troisième homme intervient pour minimiser cette affaire personnelle. Du temps du président russe Boris Eltsine, dans la Kalmoukie voisine, dit-il, les habitants des rives de la Volga ouvraient le feu à la mitraillette sur les cargos remontant le fleuve pour les forcer à éviter leurs filets. Et encore récemment, des Kalmoukes armés ont pris en otages des pêcheurs russes qui s’étaient aventurés dans leur zone, leur ont volé tout leur matériel, voiture comprise, et les ont fait travailler «comme des esclaves» pendant trois jours à tirer des filets pour eux.
Les joies et les drames du braconnage sont le sujet favori des buveurs de bière au parc central d’Astrakhan, à deux pas des murs blancs et des coupoles vert et or de l’immense Kremlin local, principale attraction touristique de la ville. «Mon oncle a pris l’année dernière un poisson qui contenait 94 kilos de caviar. Il s’est acheté une voiture Volga neuve», affirme un chauffeur de taxi désœuvré. Son camarade raconte une histoire sombre. Un vieil homme de son village était allé à la pêche avec son canot et a découvert par hasard un grand filet plein d’esturgeons. Ne voyant personne alentour, il a «nettoyé» le filet et en a retiré un bénéfice substantiel. Le lendemain, il l’a fait à nouveau. Et le troisième jour, à peine avait-il arrêté son canot près du filet qu’il est tombé raide mort, la tête...
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