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Nuages sur la relation stratégique entre Ryad et Washington

Des nuages se sont amoncelés sur les relations stratégiques entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, sans toutefois que l’aggravation de la crise au Proche-Orient ne conduise à leur remise en question, observent des experts. En dépit de l’atmosphère cordiale qui semble avoir prévalu durant la rencontre jeudi entre le président américain George W. Bush et le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, quelques indices ont révélé que les relations n’étaient pas au beau fixe en raison des prises de position de l’Administration jugées pro-israéliennes. Ces ombres étaient déjà apparues jeudi dans les propos tenus au New York Times par «un proche de la cour» soutenant que la relation stratégique entre les deux pays serait menacée si M. Bush «ne tempère pas» son soutien à Israël. Pour le professeur Mary-Jane Deeb, spécialiste des relations entre les États-Unis et le monde arabe, «la relation entre les deux pays a toujours été compliquée. Cette rencontre en est la démonstration». Ces dernières semaines, ajoute-t-elle, notamment après les opérations israéliennes dans les territoires palestiniens, «les choses se sont encore plus compliquées, mais certainement pas au point d’ébranler les relations stratégiques» entre Ryad et Washington. «L’Arabie saoudite a trop besoin des États-Unis pour protéger ses ressources pétrolières contre des menaces régionales, notamment contre l’Iran et l’Irak, et elle continue de souhaiter cette protection», précise l’universitaire. Quant aux États-Unis, souligne-t-elle, «ils sont tout aussi conscients de l’importance stratégique de l’Arabie saoudite. Non seulement ils ne sont pas prêts à affronter un embargo pétrolier comme celui de 1973, mais ils ne peuvent se permettre de perdre un tel allié dans une région si hostile». À peine plus nuancé, l’ancien ambassadeur de la Ligue arabe auprès des Nations unies, M. Clovis Maksoud, estime de son côté que les États-Unis doivent cesser d’embarrasser le pouvoir saoudien. «Si l’Administration Bush ne défend pas l’idée du déploiement d’une force de protection des Nations unies pour les Palestiniens, le risque d’une remise en question des relations stratégiques va croître», explique-t-il. En effet, ajoute l’ancien diplomate, le prince Abdallah représente non seulement son pays, dans le cadre des relations bilatérales avec les États-Unis, mais aussi son propre plan pour une paix au Proche-Orient qui a été entériné par le monde arabe lors du sommet de Beyrouth fin mars. Le professeur Gregory Gause, spécialiste des relations entre les États-Unis et l’Arabie saoudite à l’Université du Vermont, note pour sa part que les différends entre les deux pays n’ont pas changé. «Les Saoudiens et les Américains ne sont pas sur la même longueur d’onde dès qu’il s’agit d’Israël et de l’Irak», affirme-t-il. Pour la plupart des spécialistes, les deux pays sont conscients de l’importance du plan de paix saoudien. «Outre les intérêts militaires et pétroliers, c’est aussi pour cette raison que, même si les relations connaissent un certain refroidissement, il n’est pas question à ce stade de les contester», conclut le professeur Deeb. Ce n’est pas l’avis de Doug Bandow, de l’institut de recherche Cato à Washington, qui a qualifié dans une récente étude l’Arabie saoudite de «régime corrompu et totalitaire en profonde contradiction avec les valeurs les plus fortes de l’Amérique, notamment la liberté religieuse». Enfin, Samer Shehata, de l’Université Georgetown, attribue le malaise aux attentats du 11 septembre en rappelant que 15 des pirates de l’air présumés étaient saoudiens. «Cela a été une opération délibérée d’Oussama Ben Laden pour tenter de compromettre les relations entre Washington et Ryad», a-t-il dit sur la chaîne MSNBC.
Des nuages se sont amoncelés sur les relations stratégiques entre les États-Unis et l’Arabie saoudite, sans toutefois que l’aggravation de la crise au Proche-Orient ne conduise à leur remise en question, observent des experts. En dépit de l’atmosphère cordiale qui semble avoir prévalu durant la rencontre jeudi entre le président américain George W. Bush et le prince héritier Abdallah ben Abdel Aziz, quelques indices ont révélé que les relations n’étaient pas au beau fixe en raison des prises de position de l’Administration jugées pro-israéliennes. Ces ombres étaient déjà apparues jeudi dans les propos tenus au New York Times par «un proche de la cour» soutenant que la relation stratégique entre les deux pays serait menacée si M. Bush «ne tempère pas» son soutien à Israël. Pour le professeur...