Un échec historique pour Jospin et la gauche plurielle
le 22 avril 2002 à 00h00
Le Premier ministre français, le socialiste Lionel Jospin, a subi dimanche un échec historique, et la gauche plurielle avec lui, en étant éliminé du second tour de la présidentielle alors qu’il y était attendu, après cinq ans de gouvernement. Il en a tiré immédiatement les conclusions et annoncé son retrait de la vie politique après le second tour, le 5 mai. Jamais depuis 1969, la gauche française n’avait été éliminée du second tour d’une présidentielle. Et encore, il y a 23 ans, les deux finalistes étaient un gaulliste, Georges Pompidou, et un centriste, Alain Poher. Cette année, le second tour opposera la droite et l’extrême droite. M. Jospin, 64 ans, n’avait pourtant pas souffert de désaffection dans l’opinion, malgré la longueur de son bail, le plus long à Matignon (siège du gouvernement) depuis Raymond Barre il y a 21 ans. Au contraire, son bilan, sur lequel les Français ont porté jusqu’au bout un jugement positif, était considéré comme son principal atout. Si les Français portaient à son crédit son sérieux et sa rigueur, ils ont manifestement préféré deux candidats jouant sur un registre plus populiste, avec comme thème central l’insécurité. S’il avait réussi en 1995 à «fendre l’armure», selon sa propre expression, il a peut-être souffert d’une image trop austère. Le candidat socialiste a longtemps été donné favori par les instituts de sondage. Une évolution s’était manifestée dans les dernières semaines. Mais à aucun moment, il ne semblait menacé de ne pas participer au face-à-face du second tour. Une seule chose était certaine pour les instituts de sondage et pour les responsables politiques : la présence du président et du Premier ministre pour le duel final. Dimanche, Lionel Jospin a, semble-t-il, été victime d’un rejet. Il ne recueillerait que 16 % à 16,5 % des voix. La faiblesse de ce score peut s’expliquer par la dispersion des voix sur 16 candidats, dont huit de gauche. Mais au-delà, c’est l’ensemble de la gauche de gouvernement qui recule. Ses cinq composantes, y compris Jean-Pierre Chevènement, ne totaliseraient qu’environ 30 % des suffrages. Le Parti communiste est laminé avec seulement 3,5 % pour son candidat Robert Hue. Il est devancé non seulement par les Verts qui passent à peine la barre des 5 %, mais aussi par M. Chevènement. Pour les radicaux de gauche, Christiane Taubira serait à 2 %. En revanche, l’extrême gauche trotskiste qui ne se reconnaît pas dans la gauche classique fait une percée avec plus de 10 % des voix. L’ensemble de la gauche ne rassemble donc plus que 40 %, contre 40 % pour la droite classique et 20 % pour l’extrême droite. Malgré ses dénégations sur le fait qu’il n’était «pas le sortant» de ce scrutin, les Français l’ont peut-être considéré comme tel à l’issue de cette très longue cohabitation dans laquelle il exerçait l’essentiel du pouvoir face à un chef de l’État affaibli par la dissolution ratée du Parlement en 1997. Un premier coup de semonce avait été donné lors des municipales de mars 2001. Tout le monde prédisait une victoire de la gauche qui avait finalement perdu dans nombre de villes moyennes même si elle était parvenue à gagner Paris et Lyon. Mais à l’époque, cette défaite n’avait pas profité à une extrême droite divisée. En étant éliminé du second tour, selon les estimations des instituts de sondage, le Premier ministre candidat connaît le même sort qu’Édouard Balladur en 1995. Comme si une malédiction planait sur Matignon, dont aucun des locataires n’est parvenu à passer directement à l’Élysée.
Le Premier ministre français, le socialiste Lionel Jospin, a subi dimanche un échec historique, et la gauche plurielle avec lui, en étant éliminé du second tour de la présidentielle alors qu’il y était attendu, après cinq ans de gouvernement. Il en a tiré immédiatement les conclusions et annoncé son retrait de la vie politique après le second tour, le 5 mai. Jamais depuis 1969, la gauche française n’avait été éliminée du second tour d’une présidentielle. Et encore, il y a 23 ans, les deux finalistes étaient un gaulliste, Georges Pompidou, et un centriste, Alain Poher. Cette année, le second tour opposera la droite et l’extrême droite. M. Jospin, 64 ans, n’avait pourtant pas souffert de désaffection dans l’opinion, malgré la longueur de son bail, le plus long à Matignon (siège du gouvernement) depuis...
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