Bulgarie Le spectre des services secrets communistes plane toujours
le 20 avril 2002 à 00h00
Les spéculations sur l’identité des collaborateurs des services secrets communistes vont continuer à peser sur la vie politique en Bulgarie, le Parlement ayant dissous une commission chargée d’ouvrir les dossiers de l’époque. Le Parlement estimait que la commission effectuait «des manipulations politiques». Pour la dissoudre, il a profité de l’adoption d’une loi exigée par l’Otan pour garantir la protection des secrets. L’Union des forces démocratiques (opposition) a accusé la majorité parlementaire de «retirer les garanties» pour assurer que «les figures politiques clés ne seront pas dépendantes des anciens services secrets» et de provoquer ainsi «un risque que la Bulgarie ne soit pas invitée à adhérer à l’Otan» au sommet de Prague, l’automne prochain. Le président de la commission Methodi Andréev a indiqué que 600 000 sur 8 millions de Bulgares ont été surveillés par la police politique à l’époque du régime communiste. Toutefois, la majorité des archives prouvant cette activité, ainsi que la collaboration de 50 000 à 60 000 volontaires recrutés par les agents des services secrets, ont été détruites. Formée il y a un an, à la veille des élections législatives, cette commission a déjà publié 151 noms d’agents et de collaborateurs des services d’espionnage et de contre-espionnage civil et militaire parmi les membres des Parlements et des gouvernements depuis la chute du communisme en 1989, et parmi les candidats aux dernières élections législatives et présidentielle. Elle devait encore ouvrir les dossiers de journalistes occupant des postes de responsabilité, de chefs de banques et de compagnies d’assurances, de hauts magistrats et de prêtres, avant de publier la liste de tous les agents et collaborateurs des services secrets communistes sur lesquels «des preuves irréfutables» étaient préservées. Toutes les tentatives entreprises depuis la chute du communisme pour démasquer notamment la police politique ont buté contre une destruction en 1990 d’environ 50 % des archives par le gouvernement communiste réformateur qui a succédé au limogeage du dictateur Todor Jivkov. La semaine dernière, deux généraux ayant décidé de la destruction des archives ont été condamnés à des peines de prison ferme. Parmi les dossiers détruits figurait celui de l’écrivain dissident Gueorgui Markov assassiné en 1978 à Londres par une arme mystérieuse surnommée «le parapluie bulgare». L’opposition et la presse ont protesté contre le fait que les dossiers des banquiers n’aient pas été ouverts. En 1996-97, la Bulgarie a subi la plus grave crise de son histoire postcommuniste, à la suite de la faillite de 14 banques dont les responsables avaient octroyé des crédits jamais remboursés à des personnalités proches du parti ex-communiste alors au pouvoir.
Les spéculations sur l’identité des collaborateurs des services secrets communistes vont continuer à peser sur la vie politique en Bulgarie, le Parlement ayant dissous une commission chargée d’ouvrir les dossiers de l’époque. Le Parlement estimait que la commission effectuait «des manipulations politiques». Pour la dissoudre, il a profité de l’adoption d’une loi exigée par l’Otan pour garantir la protection des secrets. L’Union des forces démocratiques (opposition) a accusé la majorité parlementaire de «retirer les garanties» pour assurer que «les figures politiques clés ne seront pas dépendantes des anciens services secrets» et de provoquer ainsi «un risque que la Bulgarie ne soit pas invitée à adhérer à l’Otan» au sommet de Prague, l’automne prochain. Le président de la commission Methodi...
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