La proposition faite par Ariel Sharon d’une conférence de paix régionale sans Yasser Arafat a peu de chance d’aboutir et constitue surtout une tentative de gagner du temps dans le contexte des opérations militaires israéliennes, estimaient hier les analystes. «Sharon essaie de détourner l’attention, de gagner du temps», explique l’analyste palestinien Khalil Shikaki. «Il est évident qu’il cherche, entre autres choses, à gagner du temps», renchérit de son côté le chercheur israélien Mark Heller. Le Premier ministre israélien a annoncé dimanche qu’il avait proposé aux États-Unis d’organiser une conférence sur le Proche-Orient. L’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Maroc participeraient à cette conférence, selon M. Sharon. Pour sa part, le ministre israélien des affaires étrangères, Shimon Peres, s’est contenté hier de commenter la question de la présence de M. Arafat par ces paroles : «Chaque peuple élit ses représentants». Sans se prononcer sur sa participation éventuelle, M. Arafat s’est, quant à lui, déclaré favorable à une telle conférence, mais à condition que l’armée israélienne se retire au préalable des villes autonomes palestiniennes qu’elle occupe en Cisjordanie. «Si l’objectif est de discuter du plan saoudien, alors il n’y a rien à objecter. Mais s’il s’agit d’exclure la partie palestinienne et Arafat, ce qui semble probable, cela ne marchera pas», estime M. Shikaki, directeur d’un centre de recherches et de sondages à Ramallah. Un porte-parole de M. Sharon, Raanan Gissin, avait déclaré plus tôt que «le plan de paix saoudien pourrait être examiné» lors de cette conférence et qu’Israël «ferait ainsi connaître sa position directement et sans condition préalable». Ce plan prévoit une normalisation des relations israélo-arabes contre le retrait d’Israël des territoires occupés depuis 1967, ainsi que la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale. «Si la proposition de M. Sharon est sérieuse, Arafat doit être à la table des négociations. Mais en réalité, il essaie de détourner l’attention pour mieux refuser un retrait des territoires palestiniens», ajoute M. Shikaki. «Sharon a trois idées en tête en proposant cette conférence. Il veut gagner du temps, il veut montrer qu’il ne refuse pas de négocier, qu’il est capable d’une certaine souplesse, et troisièmement, il pense que la présence de leaders arabes modérés pourrait atténuer l’importance d’Arafat», ajoute Mark Heller, chercheur au Centre Jaffee d’études stratégiques de l’université de Tel-Aviv. Un diplomate américain a exprimé, quant à lui, un certain scepticisme sur les chances d’une telle conférence. «Les États-Unis sont favorables à la convocation d’une telle conférence si toutes les parties sont d’accord. Mais il serait étonnant que les pays arabes acceptent d’y prendre part si Yasser Arafat n’est pas présent», a ajouté ce diplomate, qui a requis l’anonymat. «Il n’y a aucune raison pour un telle conférence», affirme, quant à lui, l’analyste palestinien Ghassan al-Khatib. «S’il s’agit de faire la paix avec les Arabes, Sharon doit d’abord répondre à l’initiative saoudienne. Et on connaît sa réponse, elle est négative», a-t-il déclaré. «Mais son objectif est en fait de désamorcer la pression internationale sur Israël» après l’occupation des villes de Cisjordanie, a-t-il ajouté, estimant que «ce n’est qu’un truc de plus».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La proposition faite par Ariel Sharon d’une conférence de paix régionale sans Yasser Arafat a peu de chance d’aboutir et constitue surtout une tentative de gagner du temps dans le contexte des opérations militaires israéliennes, estimaient hier les analystes. «Sharon essaie de détourner l’attention, de gagner du temps», explique l’analyste palestinien Khalil Shikaki. «Il est évident qu’il cherche, entre autres choses, à gagner du temps», renchérit de son côté le chercheur israélien Mark Heller. Le Premier ministre israélien a annoncé dimanche qu’il avait proposé aux États-Unis d’organiser une conférence sur le Proche-Orient. L’Égypte, l’Arabie saoudite, la Jordanie et le Maroc participeraient à cette conférence, selon M. Sharon. Pour sa part, le ministre israélien des affaires étrangères,...