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Actualités - Chronologie

La « ligne verte » difficilement imperméable

L’attentat-suicide de Haïfa prouve l’extrême difficulté d’empêcher totalement ces attaques, mais donne aussi des arguments au gouvernement israélien pour poursuivre ses opérations militaires. La dernière attaque palestinienne en Israël datait du 1er avril, lorsque l’explosion d’une voiture à Jérusalem-Ouest avait fait un mort, outre le kamikaze. Israël a justifié l’offensive actuelle, sans précédent, par la nécessité de démanteler les groupes armés palestiniens afin de mettre fin aux attentats-suicide. Mais le répit aura été de courte durée. «Est-ce que quelqu’un pensait vraiment que cette opération empêcherait le terrorisme ?», s’exclame Avraham Tamir, un ancien militaire de haut rang qui a participé dans les années 70 aux négociations de paix avec l’Égypte. «Le terrorisme est le résultat d’une question palestinienne non résolue. Il n’y a pas de réponse militaire, la seule façon de le faire cesser est de négocier politiquement», affirme-t-il. Le fait qu’un kamikaze soit apparemment parvenu à sortir de Cisjordanie et à s’infiltrer en Israël malgré les opérations militaires en cours prouve, en tout cas, que l’État hébreu n’est pas en mesure de rendre complètement imperméable la ligne verte, la ligne de démarcation qui sépare Israël de la Cisjordanie. Mais si l’attentat de Haïfa sonne comme une réponse sanglante aux responsables israéliens qui se félicitaient ces derniers jours de la «baisse significative» des attentats, il a aussi renforcé leur détermination. L’armée «continuera à combattre l’infrastructure du terrorisme», a déclaré le ministre de la Défense, Binyamin Ben Eliezer. «L’opération a porté un coup très dur aux infrastructures terroristes palestiniennes», a-t-il ajouté. «L’attentat prouve que l’armée n’a pas encore réussi à détruire les infrastructures terroristes», a affirmé, de son côté, un haut responsable de la présidence du Conseil. «Ceci renforce notre détermination», a-t-il dit. «Bien sûr, on n’a jamais 100 % de garantie. Mais d’ores et déjà, notre opération a permis de réduire le terrorisme», déclarait il y a quelques jours le général Giora Eiland, responsable de la Planification à l’état-major israélien. En dépit de l’attentat de Haïfa, l’offensive israélienne a eu des effets indéniables, estime Efraïm Kam, directeur adjoint du centre Jaffa pour les études stratégiques de l’Université de Tel-Aviv. «D’un point de vue militaire, oui, cette opération est utile, car elle porte effectivement un coup aux infrastructures terroristes», a-t-il déclaré, rappelant que «de nombreuses armes ont été saisies et plusieurs activistes tués» depuis le début de l’offensive. «Il faudra du temps aux réseaux terroristes pour se reconstituer», ajoute ce colonel de réserve, qui se montre cependant plus sceptique sur les effets à long terme de l’opération israélienne. «L’Autorité palestinienne est quasiment détruite et les forces de sécurité palestiniennes se sont effondrées», souligne-t-il. «Une fois que nos forces se seront retirées, qui les remplacera ?» pour assurer l’ordre et contrôler les territoires, s’interroge-t-il.
L’attentat-suicide de Haïfa prouve l’extrême difficulté d’empêcher totalement ces attaques, mais donne aussi des arguments au gouvernement israélien pour poursuivre ses opérations militaires. La dernière attaque palestinienne en Israël datait du 1er avril, lorsque l’explosion d’une voiture à Jérusalem-Ouest avait fait un mort, outre le kamikaze. Israël a justifié l’offensive actuelle, sans précédent, par la nécessité de démanteler les groupes armés palestiniens afin de mettre fin aux attentats-suicide. Mais le répit aura été de courte durée. «Est-ce que quelqu’un pensait vraiment que cette opération empêcherait le terrorisme ?», s’exclame Avraham Tamir, un ancien militaire de haut rang qui a participé dans les années 70 aux négociations de paix avec l’Égypte. «Le terrorisme est le...