Le vétéran italien Andrea Tafi a privé la Belgique de la victoire dans le Tour des Flandres, dimanche à Meerbeke, terme des 264 kilomètres d’une course haletante. À 35 ans, Tafi a imité son compatriote Mario Cipollini, qui avait enlevé au même âge Milan-Sanremo deux semaines plus tôt. Le Toscan de l’équipe Mapei est arrivé tout seul sur la chaussée ensoleillée de Meerbeke, 21 secondes avant les Belges Johan Museeuw et Peter Van Petegem condamnés à lutter pour les places d’honneur après l’attaque de Tafi à 4 kilomètres de l’arrivée. À Meerbeke, le public a multiplié les graves «God Verdom» en voyant la retransmission de la course sur l’écran géant. Pour la foule flamande, la victoire d’un «étranger» – la neuvième italienne en Flandres – a ressemblé à une anomalie, une mauvaise surprise jouée aux deux références que sont Van Petegem, désigné grand favori, et surtout Museeuw, candidat pour sa dernière participation à un record de quatre victoires que nul n’a jamais atteint. Museeuw et Van Petegem, étrangement, ont dû collaborer ensemble. Les deux chefs de file du cyclisme belge se sont retrouvés esseulés dans le groupe de cinq issu de l’échappée de huit coureurs (Tafi, Nardello, Cassani, Museeuw, Van Petegem, Hincapie, Soerensen, Missaglia) qui s’étaient dégagés en plusieurs vagues après le Taaienberg, à une cinquantaine de kilomètres de l’arrivée. À cet instant, l’Allemand Erik Zabel et l’Italien Mario Cipollini payaient leurs efforts prodigués pour sortir en bon rang du Koppenberg, élément-clé d’un redoutable enchaînement de côtes dans la froide campagne des Ardennes flamandes. À ce moment, l’Américain Lance Armstrong baissait lui aussi légèrement d’allure, après avoir accompli au mètre près son travail qui consistait à aider le plus longtemps possible le redoutable George Hincapie. Des heures inoubliables Ce groupe de huit allait se réduire sur les pavés du mur de Grammont, salué comme à l’accoutumée par une foule enthousiaste et fière de son drapeau. Au sommet, Van Petegem et Museeuw ne pouvaient que s’inquiéter en constatant la présence de Hincapie, l’Américain de New York gérant ses efforts comme un boursier de Wall Street, et surtout des deux coureurs de l’équipe Mapei, le généreux Tafi et le champion d’Italie Daniele Nardello. Le Bosberg, la dernière des seize côtes du parcours à 13 kilomètres de l’arrivée, ne changeait rien à la composition du groupe malgré les efforts de Museeuw. Sur la route menant à Meerbeke, dans les faubourgs de Ninove, Tafi s’essayait à plusieurs accélérations avant un franc démarrage de Van Petegem, gêné partiellement par des motos. Le Toscan, soucieux d’éviter le sprint, portait l’estocade aux 4 kilomètres et s’assurait un mince avantage (7 sec à 2 km de l’arrivée), suffisant toutefois pour s’adjuger sa cinquième victoire en Coupe du monde, sa troisième dans un «monument» après le Tour de Lombardie 1996 et surtout Paris-Roubaix («la course de mes rêves», dit-il) trois ans plus tard. Pour la deuxième place, Museeuw réglait Van Petegem et Hincapie avant qu’un sprint oppose Cipollini (9e) à Zabel (10e) en tête d’un peloton d’une cinquantaine de coureurs. Dans ce groupe, le public pouvait reconnaître la présence à la 54e place (devant Michele Bartoli) d’un quasi-anonyme, un équipier de la modeste formation Palmans, qui s’est fait un nom en une seule journée. Parti dans une échappée au km 30, le Belge Erwin Thijs a ouvert la route sur 215 kilomètres. Des heures inoubliables. Le classement 1. Andrea Tafi (Ita/Mapei) les 264 km en 6h53’00’’ (moyenne : 38,354 km/h) 2. Johan Museeuw (Bel) à 21’’ 3. Peter Van Petegem (Bel) à 21’’ 4. George Hincapie (É-U) à 21’’ 5. Daniele Nardello (Ita) à 21’’ 6. Rolf Soerensen (Dan) à 1’12’’ 7. Enrico Cassani (Ita) à 1’12’’ 8. Gabriele Missaglia (Ita) à 1’14’’ 9. Mario Cipollini (Ita) à 2’37’’ 10. Erik Zabel (All) à 2’37’’. Classement de la Coupe du monde : 1. Mario Cipollini (Ita) 120 points 2. Andrea Tafi (Ita) 100 3. Fred Rodriguez (É-U) 79.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le vétéran italien Andrea Tafi a privé la Belgique de la victoire dans le Tour des Flandres, dimanche à Meerbeke, terme des 264 kilomètres d’une course haletante. À 35 ans, Tafi a imité son compatriote Mario Cipollini, qui avait enlevé au même âge Milan-Sanremo deux semaines plus tôt. Le Toscan de l’équipe Mapei est arrivé tout seul sur la chaussée ensoleillée de Meerbeke, 21 secondes avant les Belges Johan Museeuw et Peter Van Petegem condamnés à lutter pour les places d’honneur après l’attaque de Tafi à 4 kilomètres de l’arrivée. À Meerbeke, le public a multiplié les graves «God Verdom» en voyant la retransmission de la course sur l’écran géant. Pour la foule flamande, la victoire d’un «étranger» – la neuvième italienne en Flandres – a ressemblé à une anomalie, une mauvaise surprise...