Le chef de la diplomatie espagnole Josep Piqué, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne, a qualifié dimanche de «scénario possible» des sanctions contre Israël en cas de refus persistant à retirer ses troupes des territoires palestiniens. «C’est un scénario possible», a indiqué le ministre espagnol à quelques journalistes après une conférence de presse dans le cadre du colloque Aspen European Dialogue à Venise, en réponse à une question sur la possibilité de sanctions européennes contre Israël en cas de refus persistant à retirer son armée. «Certains pays sont en faveur (...) de sanctions très rapidement, d’autres sont plus réticents. Nous devons en discuter», a indiqué le ministre espagnol. «La question est très, très complexe. Mais le plus important maintenant est de se concentrer sur un cessez-le-feu», a-t-il ajouté. Lors de la conférence de presse, M. Piqué a souligné que «la priorité actuelle est d’obtenir un cessez-le-feu immédiat, avec du côté palestinien un arrêt des attaques terroristes». «Le problème au Moyen-Orient ne peut être résolu avec une solution militaire», a-t-il estimé. «Chaque partie devra assumer des responsabilités» avec la renonciation du terrorisme par les Palestiniens et le retrait des troupes israéliennes des territoires palestiniens, a encore indiqué M. Piqué. Il a confirmé qu’une réunion se tiendrait mercredi à Madrid avec le secrétaire d’État américain Colin Powell, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, Javier Solana, haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, et Igor Ivanov, ministre russe des Affaires étrangères. Cette rencontre «traitera uniquement du Moyen-Orient», a précisé le chef de la diplomatie espagnole. Avec la perspective de cette rencontre, «on a la possibilité de donner une image très unie de la communauté internationale» sur le conflit israélo-palestinien, a affirmé M. Piqué. Le représentant européen s’est au passage félicité de la plus grande implication des États-Unis dans le dossier israélo-palestinien. Samedi, le président américain George W. Bush a mis en demeure Israël de retirer ses troupes «sans délai» des villes palestiniennes. «Nous nous félicitons du dernier discours du président Bush», a déclaré M. Piqué, rappelant que si l’implication des États-Unis était essentielle, une solution dans ce dossier «complexe» ne pouvait venir de ce seul pays. Les États-Unis ont une «influence véritable» sur Israël, a reconnu M. Piqué. Mais l’Europe, à son tour, dispose d’une «forte crédibilité» auprès de l’Autorité palestinienne.
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