Le service de courrier par pigeons voyageurs de la police de l’État d’Orissa, dans l’est de l’Inde, est menacé de fermeture à cause de son coût et de l’utilisation croissante du courrier électronique. Créé en 1946, avant même l’indépendance de la fédération indienne, ce service compte aujourd’hui environ 800 pigeons, élevés, nourris et entraînés dans 29 pigeonniers par 40 hommes d’un corps spécial de la police locale, pour porter la correspondance entre les postes de police du territoire. Les défenseurs des pigeons vantent leur rapidité et leur capacité à acheminer les messages en toute confidentialité et surtout en toutes circonstances, notamment lorsque toute communication est empêchée par les fléaux qui frappent régulièrement cet État côtier, un des plus pauvres de l’Inde : les cyclones, les inondations, les grèves et les périodes électorales. Les autorités gouvernementales se fondent sur un audit pour expliquer que les pigeons voyageurs font aujourd’hui double emploi et coûtent trop cher, environ 500 000 roupies par an, soit 11 600 euros. «Un rapport montre que le service de pigeons doit être fermé parce que le port de messages par pigeon est dépassé à l’époque des communications électroniques», a déclaré à Reuters B.N. Das, superintendant de la police de l’État d’Orissa. «Puisqu’ils ne sont plus nécessaires pour le but dans lequel ils ont été créés, pourquoi s’embarrasser d’un coût inutile ?». Perpétuant une ancestrale tradition indienne de colombophilie, les policiers entraînent les jeunes pigeons dès l’âge de quatre à six semaines. Certains volatiles obtiennent la qualification de «boomerangs» et sont capables d’effectuer d’une traite un vol de 500 kilomètres. «La vieille tradition du pigeon ne doit pas se perdre. C’est un art en voie de disparition qui doit être protégé», estime l’ornithologue Rajat Bhargava. Les pigeons voyageurs font partie de l’histoire indienne depuis l’époque des empereurs mongols, conquérants musulmans d’origine turque qui régnèrent sur l’Inde de 1526 à 1858. Les textes mongols mentionnent l’utilisation de pigeons pour porter à la fois des lettres d’amour et des messages sur les champs de bataille.
Le service de courrier par pigeons voyageurs de la police de l’État d’Orissa, dans l’est de l’Inde, est menacé de fermeture à cause de son coût et de l’utilisation croissante du courrier électronique. Créé en 1946, avant même l’indépendance de la fédération indienne, ce service compte aujourd’hui environ 800 pigeons, élevés, nourris et entraînés dans 29 pigeonniers par 40 hommes d’un corps spécial de la police locale, pour porter la correspondance entre les postes de police du territoire. Les défenseurs des pigeons vantent leur rapidité et leur capacité à acheminer les messages en toute confidentialité et surtout en toutes circonstances, notamment lorsque toute communication est empêchée par les fléaux qui frappent régulièrement cet État côtier, un des plus pauvres de l’Inde : les cyclones,...
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