Un accord de cessez-le-feu signé jeudi à Luanda par les chefs de l’armée angolaise et de la rébellion de l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) doit mettre fin à 27 ans d’une guerre civile qui a ravagé ce pays d’Afrique australe. Peu après la signature de l’accord, le président angolais José Eduardo Dos Santos a rencontré le nouveau dirigeant par intérim de l’Unita, Paulo Lukama «Gato», pour l’encourager à poursuivre sur la voie de la paix. L’accord de cessez-le-feu, négocié six jours plus tôt à Lwena (est), a été signé par le commandant militaire de l’Unita, le général Abreu Kamorteiro, et par le chef d’état-major des Forces armées angolaises (FAA), le général Armando Da Cruz, en présence du président Dos Santos. Quelque 4 000 personnes ont assisté à la cérémonie, dont le secrétaire général adjoint de l’Onu aux Affaires africaines, Ibrahim Gambari, les représentants de la «troïka» (États-Unis, Portugal, Russie) chargée de superviser le protocole de paix de Lusaka signé en 1994, jamais appliqué, et les chefs d’état-major des armées des pays d’Afrique australe. Les généraux signataires se sont engagés publiquement à œuvrer pour une application sans faille de l’accord. L’Unita «assume» l’accord qui est «d’assurer aux Angolais une paix définitive», a déclaré le général Kamorteiro. Il a demandé au gouvernement d’accorder une formation aux rebelles «qui ne seront pas enrôlés dans l’armée» pour qu’ils puissent trouver un emploi. «La paix ne se résume pas seulement à la cessation du bruit des canons», a-t-il dit, ajoutant : «La paix c’est aussi le bien-être des citoyens, la pacification des esprits et l’accès au travail». Le général Da Cruz a quant à lui affirmé que les militaires ont reçu l’ordre d’appliquer la lettre et l’esprit de l’accord. «Nous nous sommes interdits de manquer à nos engagements. Nous devons impérativement mettre en œuvre cette grande tâche : le rétablissement de la paix», a-t-il dit. Pour la première fois depuis l’accord de paix de Lusaka de 1994, M. Dos Santos a rencontré un dirigeant de l’Unita, Paulo Lukama «Gato», à l’issue de la cérémonie de signature. «Le président nous a encouragés à poursuivre vers la paix» et «nous avons réaffirmé au président notre engagement à respecter l’accord de paix», a affirmé M. Lukama «Gato» au terme de cette rencontre. Signe concret du respect de l’accord, un commandant des troupes rebelles chargé de la région nord, le général Apolo Yakevela, a affirmé que des rebelles de l’Unita avaient commencé à se rendre dans les camps de cantonnement installés dans l’ensemble du pays pour y être désarmés. Selon le secrétaire général adjoint de l’Onu, Ibrahim Gambari, la signature officielle de l’accord «symbolise la renaissance de l’espoir en Angola». Le représentant spécial de l’Onu en Angola, Mussagy Jeichande, a pour sa part réclamé un nouveau mandat «adéquat» permettant à l’Onu d’accompagner au mieux le rétablissement de la paix. Depuis la reprise de la guerre à grande échelle en 1998, le mandat de l’Onu en Angola est limité à un rôle d’assistance humanitaire et de surveillance du respect des droits de l’homme. Depuis la signature de l’accord, les représentants de l’armée et des rebelles siègent au sein d’une «commission mixte» chargée de surveiller l’application du cessez-le-feu, désarmer les combattants de l’Unita et les intégrer dans l’armée et la vie civile. La mort le 22 février du chef historique de l’Unita, Jonas Savimbi, tué à 67 ans par l’armée dans la province de Moxico (est), a précipité les évènements : le 15 mars, responsables de l’armée et de l’Unita s’engageaient à mettre fin aux hostilités et, quinze jours plus tard, se mettaient d’accord sur un cessez-le-feu définitif qui vient d’être entériné. Ancienne colonie portugaise, l’Angola était déchiré presque sans interruption par la guerre civile depuis son indépendance, en 1975. Cette guerre a fait plus de 500 000 morts et jeté sur les routes quelque quatre millions de personnes fuyant les combats, tout en dévastant l’économie d’un pays pourtant très riche en pétrole et en diamants.
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