«Les Palestiniens mènent en parallèle deux guerres contre Israël, l’une pour l’indépendance, que tout homme sensé soutiendra, et l’autre pour détruire Israël, au nom d’un islam fanatique, contre laquelle il nous faut lutter de toutes nos forces». C’est en ces termes, d’une lucidité convaincante, que l’auteur israélien Amos Oz décrit le conflit entre son pays et les Palestiniens. «L’origine de la confusion et des idées simplistes – chez nous et dans le monde – tiennent au fait que Yasser Arafat et ses hommes mènent ces deux guerres en parallèle, comme si elle n’en faisait qu’une», poursuit le célèbre écrivain. M. Oz aurait eu parfaitement raison s’il avait remplacé le nom du président palestinien par celui du véritable chantre d’un islam radical qui prône la destruction de l’État d’Israël. Si le Fateh de Yasser Arafat mène effectivement des opérations-kamikaze, c’est le Hamas d’Ahmad Yassine qui a revendiqué l’attentat-suicide de Netanya qui a fait 25 morts parmi les civils israéliens et qui a entraîné la dernière offensive militaire contre l’Autorité palestinienne. Israël s’en prend ainsi à M. Arafat, qui a condamné ce massacre, tandis que le chef spirituel du Hamas s’offre le luxe des revendications télévisées à répétition et en toute impunité. Rappelons également qu’un responsable du Hamas a qualifié l’attentat de Netanya de «message» adressé au sommet de Beyrouth qui a entériné l’initiative saoudienne prévoyant la normalisation avec l’État hébreu contre un retrait israélien des terres arabes occupées en 1967. Une initiative favorablement accueillie par Yasser Arafat. Après avoir enfreint les résolutions de l’Onu et le droit international, Israël transgresse la loi du talion, devenue étrangement sélective. Mais ce strabisme dans l’application de l’«œil pour œil, dent pour dent» est bien connu des Libanais : la milice du Hezbollah tirait les katiouchas en Galilée, tandis que la population civile encaissait la «colère» israélienne. À la différence des représailles contre le Liban en 1996, le gouvernement israélien invoque la «lutte antiterroriste» pour poursuivre son assaut contre l’Autorité malgré les pressions conjuguées de l’Onu, de l’UE et des régimes arabes «modérés». Mais voilà le problème : même George Bush, concepteur de la «campagne antiterroriste», a mis de l’eau dans son vin en refusant de comparer Yasser Arafat et son Autorité à Oussama Ben Laden et sa Qaëda. Qu’espère donc accomplir «Arik» en faisant cavalier seul ? Éliminer l’Autorité palestinienne et placer les islamistes aux commandes afin de mieux remplir le «cahier de charges» de la «parfaite entité terroriste» ? Israël a bel bien démantelé la sécurité préventive palestinienne, bête noire des islamistes. Achever l’œuvre de 1982 ? Ariel Sharon a déjà déclaré regretter de n’avoir pas «liquidé» Yasser Arafat au Liban et d’avoir promis à George Bush de ne pas «s’en prendre à lui physiquement». S’il ne s’agit pas d’une grossière maladresse, la stratégie de M. Sharon aux lourds antécédents est assurément suspecte. Autre certitude : l’État hébreu s’attaque à ses interlocuteurs et épargne ses ennemis. Et si Ariel Sharon peut se targuer d’avoir «neutralisé» Yasser Arafat, le Premier ministre se retrouve lui-même de plus en plus isolé sur la scène internationale, alors qu’Israël perd le combat moral, une fois de plus. Ralph SHAYNE
«Les Palestiniens mènent en parallèle deux guerres contre Israël, l’une pour l’indépendance, que tout homme sensé soutiendra, et l’autre pour détruire Israël, au nom d’un islam fanatique, contre laquelle il nous faut lutter de toutes nos forces». C’est en ces termes, d’une lucidité convaincante, que l’auteur israélien Amos Oz décrit le conflit entre son pays et les Palestiniens. «L’origine de la confusion et des idées simplistes – chez nous et dans le monde – tiennent au fait que Yasser Arafat et ses hommes mènent ces deux guerres en parallèle, comme si elle n’en faisait qu’une», poursuit le célèbre écrivain. M. Oz aurait eu parfaitement raison s’il avait remplacé le nom du président palestinien par celui du véritable chantre d’un islam radical qui prône la destruction de l’État...
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