La compagnie aérienne italienne Alitalia a annoncé hier avoir bouclé ses comptes de l’exercice 2001 sur une perte nette de 907 millions d’euros, et présenté un vaste plan de recapitalisation. La perte 2001 est due pour environ 60 % à des coûts extraordinaires liés principalement au processus de restructuration en cours, selon un communiqué diffusé après une réunion du conseil d’administration. Le résultat avant éléments exceptionnels et impôts a été lui aussi négatif et s’est dégradé par rapport à 2000. La perte opérationnelle d’Alitalia s’est aggravée de 83 millions d’euros et est ressortie à -326 millions d’euros, selon le communiqué. La direction a arrêté un plan destiné à «récupérer à brève échéance les conditions de l’équilibre économique et financier», passant notamment par «une adaptation et une modernisation de la flotte». Ce plan sera soutenu par un appel au marché des capitaux pour un montant de 1,432 milliard d’euros, arrivant en complément d’une opération de recapitalisation déjà autorisée en 1997 pour environ 370 millions d’euros. Ce plan de la compagnie italienne, contrôlée à 53 % par l’État italien et fragilisée par les conséquences des attentats du 11 septembre, comprend trois étapes. D’abord une réduction du capital nominal de 805 à 573 millions d’euros pour couvrir le reliquat des pertes 2001 non couvert par les réserves disponibles. La valeur nominale des actions passera de 0,52 à 0,37 euro. Ensuite, la compagnie procédera à une première augmentation de capital nominal réservée au ministère des Finances, au prix de 0,96 euro par action, ce qui permettra l’apport de 370 millions d’euros. Dans un troisième temps, 1,432 milliard d’euros d’argent frais sera levé à 50 % par le biais de l’émission de nouvelles actions et par un emprunt obligataire pour l’autre moitié. Les actions et les obligations seront émises à 0,37 euro pièce. Les obligations auront une échéance comprise entre 5 et 7 ans, avec un rendement annuel compris entre 1,5 % et 3,5 %, selon le communiqué. Alitalia s’est déjà assurée que l’État italien participera «pour sa part» à l’opération et «sa participation de 53 % au capital de la compagnie ne changera pas», a précisé un porte-parole Andrea Zanoni. Le reste de l’opération sera couvert par trois institutions financières italiennes et étrangères, selon le communiqué. Le plan comprend un volet social, destiné à supprimer l’équivalent de 2 500 emplois sur un total de 24 000, et ce sans licenciement, grâce à des réductions du temps de travail. Pour compenser les pertes de salaires, Alitalia procédera à une augmentation de capital supplémentaire de 67 millions d’euros sous la forme de certificats d’une valeur de 0,37 euro accordés gratuitement aux salariés. Alitalia a en outre annoncé hier que l’échange croisé de participations avec son homologue Air France ne dépassera pas les 3 %. En revanche, une clause a été ajoutée à l’alliance commerciale assez poussée déjà conclue en juillet 2001 entre les deux entreprises qui «renforce le caractère irréversible de la collaboration et l’accélération de l’intégration». Alitalia a aussi décidé d’absorber par fusion ses deux filiales à 100 % Alitalia Team, gestionnaire des lignes commerciales, et Racom Teledata, et décidé de céder sa filiale Sigma pour un montant de 100 millions d’euros à un opérateur touristique et immobilier, Cendant Corporation.
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