Julia Roberts l’a qualifié de «meilleur acteur de cette génération» et s’indignait récemment qu’il n’ait jamais reçu l’Oscar. L’injustice est désormais réparée et Denzel Washington est devenu dimanche le premier acteur noir à obtenir la récompense suprême de Hollywood depuis trente-huit ans. Ravi, Denzel Washington a raconté qu’il avait voulu dans sa jeunesse être «le meilleur acteur du monde» et remercié l’Académie pour sa statuette dorée. À 47 ans, il en était à sa cinquième nomination, dont trois comme meilleur acteur. Et c’est grâce à un rôle à contre-emploi, dans un film passé quasi-inaperçu aux États-Unis, Training Day, que le beau Denzel a rejoint Sidney Poitier. Après avoir habitué son public à des rôles moraux, engagés, Denzel Washington y joue Alonzo Harris, un policier brutal de Los Angeles qui initie à ses pratiques corrompues une jeune recrue débutante, jouée par Ethan Hawke. Ce registre nouveau n’est peut-être pas un hasard. «Je gère mes émotions à travers mes rôles», a expliqué l’acteur dans une récente interview à Newsweek. «Je travaille sur ce qui me tracasse, et l’exprime à l’écran. J’ai commencé à me plaindre que personne ne me proposait des rôles de méchant, et finalement quelqu’un m’a entendu», a-t-il ajouté. Après vingt et un ans d’une carrière exemplaire qui lui vaut d’être désormais payé 20 millions de dollars par film, Denzel Washington a mis à préparer ce rôle le même soin minutieux qu’il attache à tous ses personnages, s’immergeant dans les quartiers les plus dangereux de Los Angeles pour y découvrir les gangs et trafiquants de drogue. Mais, après la déception de Hurricane en 2000, où l’Oscar du meilleur acteur lui avait été soufflé par Kevin Spacey (American Beauty), il ne voulait plus espérer. «Je ne m’inquiète pas pour une statue qui ne me ressemble pas», avait-il expliqué récemment. L’Oscar du meilleur acteur consacre pour lui une année riche en réussites. Un autre de ses films, John Q, fait depuis plusieurs semaines un tabac dans les salles nord-américaines. Il y joue le rôle de John Q. Archibald, père de famille devenu preneur d’otages pour que son fils en danger de mort reçoive les soins dont il a besoin. Ce genre de rôle lui est coutumier. Car au fil des ans, ce fils de pasteur né le 28 décembre 1954 à Mount Vernon (État de New York) a surtout mis son talent au service de rôles engagés. Après avoir vivoté grâce au théâtre et à la télévision, il perce enfin grâce aux films A Soldier’s History (1984), sur les conflits dans une base militaire où règne la ségrégation, et Cry Freedom (1987) pour lequel son interprétation du militant antiapartheid Steve Biko lui vaut une nomination pour l’Oscar du meilleur second rôle. Trois ans plus tard, il décroche cet Oscar pour son interprétation d’un soldat nordiste dans Glory, de Edward Zwick. La même année, il incarne un trompettiste de jazz dans Mo’Better Blues (1990), apprenant pour cela à jouer de la trompette. Ce rôle marque le début d’une longue et fructueuse collaboration avec le réalisateur noir Spike Lee, qui se poursuivra avec Malcom X (1992), rôle pour lequel il est nominé aux Oscars, et enfin plus récemment He Got Game (1998). Il croise Julia Roberts dans The Pelican Brief en 1993, et élargit son répertoire au fil des ans, jouant notamment un avocat homophobe qui défend un malade du sida homosexuel dans Philadelphia (1993) ou encore un détective tétraplégique dans The Bone Collector (1999). Denzel Washington, marié depuis dix-neuf ans à l’actrice Pauletta Pearson, est père de quatre enfants.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Julia Roberts l’a qualifié de «meilleur acteur de cette génération» et s’indignait récemment qu’il n’ait jamais reçu l’Oscar. L’injustice est désormais réparée et Denzel Washington est devenu dimanche le premier acteur noir à obtenir la récompense suprême de Hollywood depuis trente-huit ans. Ravi, Denzel Washington a raconté qu’il avait voulu dans sa jeunesse être «le meilleur acteur du monde» et remercié l’Académie pour sa statuette dorée. À 47 ans, il en était à sa cinquième nomination, dont trois comme meilleur acteur. Et c’est grâce à un rôle à contre-emploi, dans un film passé quasi-inaperçu aux États-Unis, Training Day, que le beau Denzel a rejoint Sidney Poitier. Après avoir habitué son public à des rôles moraux, engagés, Denzel Washington y joue Alonzo Harris, un policier...