Les monarchies du Golfe ont cautionné lundi l’offre saoudienne de paix au Proche-Orient en vue d’une coexistence pacifique entre les pays arabes et Israël, qui devrait être soumise au prochain sommet arabe. Réunis pendant quelques heures à Ryad, les chefs de la diplomatie du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont «loué» l’offre du prince héritier saoudien Abdallah ben Abdel Aziz, et décidé d’œuvrer pour lui assurer un soutien international, notamment auprès de l’Onu et des États-Unis. L’objectif en est de «permettre aux pays arabes et à Israël de coexister et donner aux générations futures un avenir sûr, la prospérité et la stabilité», ont-ils souligné dans leur communiqué final. La proposition dévoilée le 17 février par le prince Abdallah prévoyait «une normalisation complète» des relations entre pays arabes et Israël, contre un retrait israélien total des territoires occupés depuis 1967. Mais Ryad a modifié la formulation de son offre, à la demande de la Syrie, pour proposer à Israël «une paix globale» et non plus «une normalisation complète», au terme d’une réunion ministérielle dimanche à la Ligue arabe, ont indiqué des sources diplomatiques au Caire. L’initiative sera présentée par le prince Abdallah au sommet arabe, prévu les 27 et 28 mars à Beyrouth, a affirmé le chef de la diplomatie omanaise Youssef ben Alaoui ben Abdallah, dont le pays préside le CCG. «Il est clair que le sommet arabe va l’adopter», a ajouté le ministre à la presse, affirmant qu’«il n’y avait plus aucune réserve» sur l’offre saoudienne. «Une paix juste, durable et globale ne se réalisera que par l’application des résolutions de l’Onu, notamment les 242, 338 et 194» ainsi que par le retrait israélien du Golan syrien et des fermes de Chebaa, qui sont libanaises selon le communiqué. Les six monarchies s’en tiennent ainsi au droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948, prévu par la résolution 194, mais dont l’omission dans l’initiative saoudienne avait alors suscité des réserves dans certaines capitales arabes, notamment Damas. Tout en imputant à Israël «l’entière responsabilité» de la flambée de violences israélo-palestiniennes, les ministres apportent «leur plein soutien» à l’Autorité palestinienne et à son président Yasser Arafat. Le sommet de Beyrouth devrait adopter «un plan arabe de paix, basé sur l’initiative du prince Abdallah et les résolutions de l’Onu», a indiqué le ministre omanais, à l’ouverture de la réunion en début d’après-midi. Le CCG s’est par ailleurs félicité de la reprise jeudi du dialogue entre l’Onu et l’Irak, en souhaitant que les deux parties parviennent à «des résultats positifs et conviennent de l’application par l’Irak des résolutions du Conseil de sécurité relatives à son agression contre le Koweït». Mais ils ont passé sous silence le risque d’une frappe américaine contre l’Irak. «Nous ne devons pas anticiper sur les événements (...). Personne n’a dit qu’il allait attaquer l’Irak», a dit le président de la réunion. Ce silence intervient au moment où le vice-président américain Dick Cheney entame une tournée en Europe et au Proche-Orient, axée sur la lutte contre le terrorisme et une possible opération contre l’Irak. Les monarchies du Golfe voudraient voir l’Irak se conformer aux résolutions de l’Onu, a indiqué en substance le secrétaire général du CCG Jamil al-Hujailan, en réponse aux questions des journalistes. Le CCG a néanmoins plaidé pour que le Proche-Orient soit une région exempte d’armes de destruction massive, et que l’arsenal nucléaire d’Israël soit soumis au contrôle international, faisant écho à une revendication de l’Irak. Les ministres ont en outre invité l’Iran à soumettre à la Cour internationale de justice son conflit territorial sur trois îles du Golfe avec les Émirats arabes unis, que ses partenaires du CCG ont assuré de leur soutien.
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