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Actualités - Chronologie

MADAGASCAR La prise de pouvoir pacifique par Ravalomanana devient irréversible

La prise de pouvoir pacifique, à Madagascar, du «président» autoproclamé Marc Ravalomanana est devenue irréversible après l’occupation des ministères à Antananarivo et le ralliement d’une partie déterminante de l’armée, estiment dimanche observateurs nationaux et étrangers. Selon eux, la solution militaire étant écartée d’emblée, le président sortant Didier Ratsiraka ne dispose plus pour faire pression sur son rival que de l’arme économique, avec un début de tentative de blocus d’Antananarivo que son camp a toutefois du mal à rendre totalement étanche. «C’est irréversible, Ratsiraka ne peut plus rien pour reprendre le pouvoir effectif», analyse un observateur étranger qui suit une ultime tentative de médiation d’une mission de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). «Il n’y a plus de solution de retour pour Ratsiraka hors une épreuve de force peu probable, les militaires refusant majoritairement de se battre pour lui», juge un journaliste malgache indépendant. «C’est irréversible mais cela peut prendre du temps, il peut y avoir quelques soubressauts violents en province, dans des régions plus ou moins contrôlées par les ratsirakistes», commente un expert étranger, qui évoque des «bandes armées et payées». «Le scénario le plus optimiste pour Ratsiraka, c’est de pouvoir organiser un réduit à Toamasina», le grand port de la côte est, principale source d’approvisionnement de la capitale et bastion du chef de l’État, ajoute cette source. Sur les six provinces, trois l’ont placé en tête du premier tour de l’élection présidentielle le 16 décembre, selon des chiffres officiels contestés, mais à chaque fois de quelques points seulement. Même dans les provinces où il est arrivé en tête, il n’est pas sans opposition, estiment les observateurs interrogés. Le «gouvernement» de M. Ravalomanana, qui a rejeté ces résultats officiels et estimé avoir remporté la présidence dès le premier tour, a pris au cours de la semaine possession de tous les ministères, au fil d’une marche pacifique de plusieurs dizaines de milliers de ses partisans, bâtiment par bâtiment. À chaque fois, les soldats en faction se sont écartés. Jeudi, plus de 200 officiers, dont une vingtaine de généraux, lui ont publiquement fait allégeance et assuré que de très nombreux de leurs pairs, à Antananarivo ou en province, avaient fait de même par messages. Selon plusieurs sources diplomatiques, quelque 80 % des militaires ont ainsi «basculé», plus de 90 % selon les généraux pro-Ravalomanana. Pour preuve, vendredi, le «ministre» de la Défense de M. Ravalomanana, le général Jules Mamizara, s’est assis au bureau de celui de M. Ratsiraka, le général Marcel Ranjeva, après que quelque 150 militaires en armes l’eurent laisser pénétrer sans broncher dans le ministère, pourtant classé «zone rouge». Le lendemain, le général Ranjeva, considéré comme l’un des ministres les plus modérés de M. Ratsiraka, très respecté dans l’armée, a démissionné, confirmant que le camp du chef de l’État «se désagrège» lentement, selon des sources diplomatiques. Ne reste à M. Ratsiraka que la stratégie du blocus de la capitale, explique un diplomate, avant d’ajouter : «Mais là encore, il n’en a pas vraiment les moyens».
La prise de pouvoir pacifique, à Madagascar, du «président» autoproclamé Marc Ravalomanana est devenue irréversible après l’occupation des ministères à Antananarivo et le ralliement d’une partie déterminante de l’armée, estiment dimanche observateurs nationaux et étrangers. Selon eux, la solution militaire étant écartée d’emblée, le président sortant Didier Ratsiraka ne dispose plus pour faire pression sur son rival que de l’arme économique, avec un début de tentative de blocus d’Antananarivo que son camp a toutefois du mal à rendre totalement étanche. «C’est irréversible, Ratsiraka ne peut plus rien pour reprendre le pouvoir effectif», analyse un observateur étranger qui suit une ultime tentative de médiation d’une mission de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). «Il n’y a plus de...