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Actualités - Chronologie

La diversification des opérations de guérilla inquiète Tel-Aviv

La diversification des opérations et de l’arsenal de la guérilla palestinienne, attaque meurtrière d’un char, tir de roquettes, ou attentat-suicide au cœur d’une colonie, inquiète l’armée israélienne. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a implicitement convenu qu’un palier avait été franchi dans l’intifada en affirmant que son pays «n’a jamais perdu de guerre et gagnera aussi celle déclarée par les Palestiniens». Un de ses proches cité dimanche sous condition d’anonymat par le quotidien Maariv a carrément affirmé : «Nous sommes en guerre, et selon nos estimations il y aura une escalade dans cette guerre». L’actuel engrenage remonte à l’assassinat le 14 janvier, dans une explosion attribuée à Israël, du chef à Tulkarem (Cisjordanie) d’un groupe armé lié au mouvement du président palestinien Yasser Arafat, le Fateh. Depuis, 25 Israéliens ont été tués. Pour la première fois samedi soir, un Palestinien a réussi à perpétrer un attentat-suicide dans une colonie. L’auteur de l’attaque a actionné une ceinture d’explosifs dans un centre commercial d’une colonie du nord de la Cisjordanie, se donnant la mort, tuant deux adolescents et faisant 26 blessés, dont sept graves. Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche radicale laïque) a revendiqué l’attentat. L’armée israélienne avait pourtant annoncé que le dispositif de sécurité des colonies serait modifié après qu’un activiste du mouvement radical islamiste Hamas déguisé en soldat israélien se fut infiltré le 6 février dans la colonie de Hamra (Cisjordanie), tuant un soldat, puis une femme et sa fille. L’armée israélienne avait déjà subi un coup dur vendredi avec la mort du chef de l’unité d’élite «Douvdevan» lors d’une incursion en Cisjordanie, où elle a tué un activiste islamiste palestinien. Dans la bande de Gaza, la guérilla a pris un aspect qui rappelle à l’armée israélienne de pénibles souvenirs. Un char Merkava-3 a été détruit jeudi dans le nord de ce territoire par l’explosion d’une puissante charge, qui a tué 3 des membres de son équipage. La méthode utilisée évoque celles du Hezbollah, car une attaque à l’arme automatique et à l’explosif contre un convoi avait attiré le blindé sur le site de l’embuscade. En outre, malgré une succession d’incursions israéliennes meurtrières d’une envergure sans précédent en zone autonome palestinienne dans la bande de Gaza, des tirs de roquettes artisanales Qassam ont continué samedi. Dans sa version Qassam 2, ce tube d’un calibre de 120 mm, d’une portée de 8 à 10 km, peut propulser des roquettes de 3 kg d’explosif à l’aide d’un mélange de sucre et d’engrais. M. Arafat a accusé Israël d’exagérer le danger présenté par ces engins, à des fins de «propagande». «Ces instruments rudimentaires n’ont jamais fait un blessé. Ils n’effrayeraient même pas un chat», a-t-il affirmé. Fabriquées par la branche armée du Hamas, les Brigades Ezzedine al-Qassam, ces roquettes seraient produites dans une cinquantaine d’ateliers. L’armée israélienne, qui a déjà déployé les grands moyens, bouclage et blocus internes des territoires palestiniens, chars Merkava-3, hélicoptères d’assaut, avions de combat F-16 et recours aux unités spéciales, se trouve confrontée à un nouveau défi. Une partie de l’état-major et l’extrême droite poussent M. Sharon à resserrer encore l’étau sur les Palestiniens, voire à ordonner la réoccupation plus ou moins provisoire de zones autonomes. Mais le Premier ministre israélien est tenu par ses engagements internationaux, en particulier envers les États-Unis, et le mouvement lancé par des officiers de réserve qui préconisent le refus de servir dans les territoires occupés prend de l’ampleur. Le camp de la paix s’est d’ailleurs réveillé samedi soir lors d’une manifestation qui a rassemblé des milliers de personnes à Tel-Aviv.
La diversification des opérations et de l’arsenal de la guérilla palestinienne, attaque meurtrière d’un char, tir de roquettes, ou attentat-suicide au cœur d’une colonie, inquiète l’armée israélienne. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a implicitement convenu qu’un palier avait été franchi dans l’intifada en affirmant que son pays «n’a jamais perdu de guerre et gagnera aussi celle déclarée par les Palestiniens». Un de ses proches cité dimanche sous condition d’anonymat par le quotidien Maariv a carrément affirmé : «Nous sommes en guerre, et selon nos estimations il y aura une escalade dans cette guerre». L’actuel engrenage remonte à l’assassinat le 14 janvier, dans une explosion attribuée à Israël, du chef à Tulkarem (Cisjordanie) d’un groupe armé lié au mouvement du président...