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Actualités - Chronologie

Les pratiques douteuses d’Enron exposées devant le Congrès

L’une des vice-présidentes d’Enron, Sherron Watkins, a brisé le mur du silence lors des auditions au Congrès sur la faillite du géant de l’énergie en dénonçant jeudi une culture de tromperie et de manipulation, tout en absolvant le PDG Kenneth Lay. Sherron Watkins a souligné devant une sous-commission d’enquête à la Chambre des représentants qu’elle avait alerté Kenneth Lay en août dernier sur les craintes qu’elle nourrissait sur l’avenir de la société en raison de possibles manipulations comptables. Toutefois, elle a refusé de lui faire porter le blâme, estimant qu’il n’avait pas pris la mesure de la «gravité de la situation». Elle a réservé ses flèches pour l’ancien PDG Jeffrey Skilling et l’ex-directeur financier, Andrew Fastow. «C’était comme un sujet qu’il ne fallait pas aborder», a déclaré Mme Watkins, rejetant l’idée que les hauts responsables de l’entreprise n’étaient pas au courant des partenariats économiques qui ont précipité la chute d’Enron, la plus grosse faillite de l’histoire des États-Unis. Le groupe de négoce en énergie, qui s’était hissé parmi les dix premières entreprises américaines par la capitalisation boursière, s’est placé sous la protection de la loi sur les faillites début décembre. Sherron Watkins, qui a commencé à travailler pour Fastow en juin 2001, a indiqué qu’il lui avait suffi de trois à quatre semaines pour réaliser qu’il y avait des faits bizarres concernant notamment une des sociétés financières mises en place par l’ex-directeur financier. «Je pense que c’était très facile à découvrir», a-t-elle dit devant la sous-commission de l’Énergie et du Commerce. «Les faits n’étaient pas vraiment cachés», a-t-elle ajouté. Andrew Fastow a refusé de répondre aux questions de la commission parlementaire en invoquant son droit constitutionnel de ne pas faire de déclarations qui pourraient être retenues contre lui lors d’un éventuel procès. Jeffrey Skilling a de son côté témoigné, mais a affirmé qu’il n’était pas au courant d’une quelconque manœuvre financière pour cacher des dettes ou bien d’autres actions destinées à tromper les actionnaires. Sherron Watkins a décrit les deux hommes comme «très intelligents» et «je pense qu’ils ont intimidé un certain nombre de gens pour leur faire accepter des structures qui n’étaient pas» acceptables. «La formule qui courait à Enron était pile, Fastow gagne, face, Enron perd», a lancé l’ancienne vice-présidente. «Je pense vraiment que les problèmes comptables ont précipité la chute (et) je suis sûre qu’ils savaient ce qu’ils faisaient», a-t-elle noté. Ayant peur d’affronter Fastow ou Skilling, allant même jusqu’à craindre pour sa sécurité, elle a envoyé à Kenneth Lay une lettre anonyme le 15 août, lui disant qu’elle craignait de voir la compagnie imploser. Elle a finalement rencontré Lay le 22 août, lui soulignant que la direction avait «un gros problème sur le dos». Après une demi-heure d’entretien, il l’a rassurée en lui disant qu’il allait se pencher sur la question. Toutefois, a-t-elle dit aux représentants, elle a alors senti que Lay «ne comprenait pas la gravité de la situation». «Je pense que MM. Skilling et Fastow, avec deux firmes très respectées, ont trompé M. Kenneth Lay et le conseil d’administration», a estimé Mme Watkins en faisant référence au groupe d’audit Andersen, chargé de surveiller la gestion d’Enron, et à la firme juridique Vinson and Elkins. Le 30 octobre, Watkins avait appelé Lay à être «ouvert sur son implication et, plus important encore, sur son absence d’implication». Moins de quatre mois plus tard, la septième entreprise américaine s’écroulait.
L’une des vice-présidentes d’Enron, Sherron Watkins, a brisé le mur du silence lors des auditions au Congrès sur la faillite du géant de l’énergie en dénonçant jeudi une culture de tromperie et de manipulation, tout en absolvant le PDG Kenneth Lay. Sherron Watkins a souligné devant une sous-commission d’enquête à la Chambre des représentants qu’elle avait alerté Kenneth Lay en août dernier sur les craintes qu’elle nourrissait sur l’avenir de la société en raison de possibles manipulations comptables. Toutefois, elle a refusé de lui faire porter le blâme, estimant qu’il n’avait pas pris la mesure de la «gravité de la situation». Elle a réservé ses flèches pour l’ancien PDG Jeffrey Skilling et l’ex-directeur financier, Andrew Fastow. «C’était comme un sujet qu’il ne fallait pas aborder»,...