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Actualités - Chronologie

Un battant de nouveau au combat

Jacques Chirac, désormais candidat à un deuxième mandat présidentiel, va de nouveau connaître le bonheur des combats politiques qu’il affectionne et déployer l’énergie qu’il met depuis 30 ans au service de son ambition. Une fois de plus, il devra forcer le destin pour reconquérir, à 69 ans, la faveur des Français qui, en 1997, deux ans à peine après son arrivée au pouvoir, ont sanctionné sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale. «Versatile», «inconstant», voire «agité» : ses adversaires se plaisent à dépeindre un président «démagogue» et «caméléon», plus capable de conquérir le pouvoir que de l’exercer. Ses partisans décrivent au contraire un homme chaleureux, généreux, sincère, ouvert, «toujours attentif aux autres et à leurs problèmes». Quoi qu’il en soit, il est un point sur lequel s’accordent ses biographes : Jacques Chirac est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Cet homme qui sacrifie avec appétit au rituel des bains de foule, des poignées de main et des embrassades ne se livre jamais vraiment et garde secrètes les blessures de la vie. Lui qui a longtemps laissé croire qu’il n’aimait que les westerns et la musique militaire est en réalité un amoureux de l’Asie et de ses civilisations. Un passionné des peuples premiers, des Inuits du Grand Nord aux Taïnos et aux peuplades d’Océanie. Dans sa jeunesse, ce grand gaillard débordant de vitalité a connu l’appel du grand large. Tout jeune, il embarque sur un bateau à destination des États-Unis. Mais bientôt, son père lui intime l’ordre de rentrer pour suivre un parcours universitaire des plus classiques. Sous la pression familiale, le jeune homme en rupture avec son milieu bourgeois, attiré par la gauche – signataire de l’Appel de Stockholm lancé par les communistes contre l’armement nucléaire, il a même vendu l’Humanité –, rentre dans le rang. Après son service militaire dans la cavalerie au Cadre noir de Saumur, où son solide appétit étonne déjà ses camarades, Jacques Chirac intègre l’ENA (promotion Vauban). Il fait carrière dans les cabinets ministériels, avant de se lancer en politique sous le parrainage de Georges Pompidou auquel il conserve une indéfectible fidélité. C’est Georges Pompidou qui, en 1967, envoie son «jeune loup» se faire les dents aux législatives en Corrèze, la terre familiale des Chirac, où il arrache à la gauche la circonscription d’Ussel. C’est encore le Premier ministre du général de Gaulle qui le fait entrer au gouvernement comme secrétaire d’État à l’Emploi. Ministre, Jacques Chirac va pourtant l’être sans interruption de 1967 à 1974. Emploi, Budget, Relations avec le Parlement, Agriculture, Intérieur, son curriculum vitae s’enrichit à chaque remaniement. À la mort de Georges Pompidou, en 1974, il favorise la victoire de Valéry Giscard d’Estaing au détriment du gaulliste Jacques Chaban-Delmas. Cet engagement vaut à Jacques Chirac une réputation durable de traître, mais lui ouvre les portes de Matignon. Très vite, les relations entre le jeune président de la République et son jeune Premier ministre se dégradent et, en 1976, Jacques Chirac démissionne avec pertes et fracas. Reprenant en main le mouvement gaulliste, il crée en décembre 1976 le RPR (Rassemblement pour la République), dont il fait une puissante machine électorale. L’année suivante, il défie VGE, en se faisant élire, à la hussarde, maire de Paris. L’hôtel de ville devient alors le tremplin de ses ambitions politiques. Après un échec à la présidentielle de 1981 qui voit l’arrivée au pouvoir du socialiste François Mitterrand, le président du RPR tente de s’imposer comme leader de l’opposition de droite. Redevenu Premier ministre en 1986, il essuie les plâtres de la cohabitation. Battu par François Mitterrand à la présidentielle de 1988, il est élu président sept ans plus tard, au terme d’une lutte fratricide contre son ancien «ami de trente ans», Édouard Balladur, qu’il avait fait nommer à Matignon après l’écrasante victoire de la droite aux législatives de 1993. Mais l’abandon rapide des promesses de sa campagne sur le thème de «la fracture sociale» suscite déception de ses électeurs et sévères critiques de ses adversaires. Pendant deux ans, Jacques Chirac soutient contre vents et marées son Premier ministre Alain Juppé. L’échec de la dissolution de 1997 montre le discrédit de la droite et enferme Jacques Chirac dans un rôle de président de cohabitation. Avec, dès le premier jour, l’envie d’en découdre avec la gauche.
Jacques Chirac, désormais candidat à un deuxième mandat présidentiel, va de nouveau connaître le bonheur des combats politiques qu’il affectionne et déployer l’énergie qu’il met depuis 30 ans au service de son ambition. Une fois de plus, il devra forcer le destin pour reconquérir, à 69 ans, la faveur des Français qui, en 1997, deux ans à peine après son arrivée au pouvoir, ont sanctionné sa décision de dissoudre l’Assemblée nationale. «Versatile», «inconstant», voire «agité» : ses adversaires se plaisent à dépeindre un président «démagogue» et «caméléon», plus capable de conquérir le pouvoir que de l’exercer. Ses partisans décrivent au contraire un homme chaleureux, généreux, sincère, ouvert, «toujours attentif aux autres et à leurs problèmes». Quoi qu’il en soit, il est un point sur...