Bientôt candidat à l’élection présidentielle, Lionel Jospin a traversé cette semaine une passe difficile avec la publication de mauvais résultats en 2001 en matière d’insécurité et de chômage, deux domaines placés au premier plan des préoccupations des Français. Lundi, c’est la hausse de près de 8 % de la délinquance en 2001 qui a jeté une ombre sur l’action du gouvernement Jospin dans ce domaine. Pour la première fois, selon des chiffres officiels, le nombre de crimes et de délits recensés a dépassé l’année dernière la barre des quatre millions. Avec 4 061 792 de cas enregistrés, la hausse, selon les services de police et de gendarmerie, a été en 2001 de 7,69 % contre 5,72 % en 2000. Jeudi, c’est la publication, pour le 8e mois consécutif, d’une hausse du nombre des demandeurs d’emplois en décembre qui est venue écorner le bilan du Premier ministre, plutôt flatteur sur le front de l’emploi. Le chômage a augmenté de 11 300 personnes (+0,5 %) en décembre 2001 et de 47 300 personnes (+2,2 %) sur l’ensemble de l’année 2001. «Mauvaise passe, mais passe transitoire», a tenu à relativiser, jeudi, la ministre socialiste de l’Emploi Élisabeth Guigou, en imputant ces chiffres à un retournement de la conjoncture internationale. Elle a fait valoir que sur l’ensemble de la législature le bilan du gouvernement était positif. «En dépit de cette augmentation du chômage depuis 8 mois, il y a une diminution plus importante depuis 4 ans» du nombre des demandeurs d’emplois, a-t-elle souligné, en ajoutant : «Pour 148 000 chômeurs de plus depuis huit mois, il y en avait eu 926 000 de moins en quatre ans». Reste que ces moindres performances ne constituent pas un bon point pour Lionel Jospin à trois mois de la présidentielle. Il y a un an, le 28 février 2001, il avait fait part de sa «très grande satisfaction» devant la baisse d’un million de chômeurs depuis juin 1997. Quelques jours plus tard, il avait expliqué que ce résultat était «sa première fierté». Jeudi, la droite, qui peinait jusque-là à trouver un angle d’attaque, a retrouvé de l’énergie pour dénoncer, comme le conseiller politique du parti néo-gaulliste RPR Patrick Devedjian, «l’échec le plus cruel» de Lionel Jospin. L’opposition a insisté sur le fait que la France faisait moins bien que ses partenaires européens dans ce domaine, ce qu’a contesté Mme Guigou. «La France demeure en 2002 le 13e pays de l’Union européenne pour le taux de chômage», a affirmé M. Devedjian. Patrick Ollier (RPR) a mis en exergue quatre «échecs de la politique de M. Jospin et de son gouvernement» : le chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité et la violence à l’école. Autant de thèmes sur lesquels l’opposition devrait concentrer ses critiques dans les trois mois à venir.
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