Les ravisseurs du journaliste américain Daniel Pearl ont prolongé hier de 24 heures leur ultimatum au terme duquel ils menacent de tuer le journaliste, dans un message envoyé par e-mail à des journaux pakistanais. «Nous donnons un jour de plus. Si l’Amérique ne se plie pas à nos exigences, nous tuerons Daniel», déclarent les ravisseurs. «Alors ce cycle continuera et aucun journaliste américain ne pourra entrer au Pakistan», ajoutent-ils. Quelques heures auparavant, le Wall Street Journal avait lancé un appel à la clémence aux ravisseurs de leur journaliste. Le secrétaire d’État américain Colin Powell a déclaré hier que les États-Unis ne pouvaient accéder aux exigences des ravisseurs détenant le journaliste. Dans un précédent message envoyé mercredi à 11h35 GMT, un groupe inconnu s’intitulant «Mouvement national pour la restauration de la souveraineté pakistanaise» avait menacé de tuer Daniel Pearl dans les 24 heures si les États-Unis ne libéraient pas les Pakistanais capturés pendant la campagne militaire déclenchée en octobre en Afghanistan. «Nous avons présenté nos demandes et si vous ne voulez pas, alors “nous” agirons et les Américains auront leur part, ce qu’ils méritent», poursuit le message, rédigé dans un anglais approximatif. «Ne croyez pas que ce sera la fin, ce sera le commencement et c’est une vraie guerre, ajoutent les ravisseurs. Les Américains auront le goût de la mort et des destructions, ce que nous avons eu à subir en Afghanistan et au Pakistan». Daniel Pearl, 38 ans, journaliste du quotidien américain Wall Street Journal, a disparu le 23 janvier à Karachi, la grande ville portuaire du sud du Pakistan. Il avait déclaré à son épouse qu’il devait interviewer le chef d’un groupe radical islamique, Mubarak Ali Shah Gilani. Au Pakistan, la police a resserré son étau autour des ravisseurs présumés, arrêtant le chef du groupe islamiste, Mubarak Ali Shah Gilani, et multipliant les perquisitions sur tout le territoire national. Deux autres suspects sont recherchés par la police pakistanaise qui dit avoir bon espoir de les arrêter bientôt. Islamabad a également accusé hier l’Inde d’être complice de l’enlèvement. «Ce que je peux dire en ce moment, c’est qu’il y a un lien indien dans cette affaire. C’est très regrettable», a déclaré le porte-parole militaire du gouvernement pakistanais, le général Rashid Qureshi. New Delhi a aussitôt répliqué en qualifiant ces accusations de «ridicules».
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