Seize mois après le début de l’intifada, le soulèvement palestinien contre Israël risque d’entrer dans une nouvelle phase avec l’emploi de nouvelles armes, estiment certains experts. Le 24 janvier, pour la première fois, des Palestiniens ont utilisé des lance-roquettes antichar pour attaquer un convoi israélien qui circulait dans la bande de Gaza. En arraisonnant début janvier le navire Karine A dans les eaux de la mer Rouge, Israël a voulu démontrer que les activistes palestiniens cherchent à utiliser des armes toujours plus perfectionnées. La cargaison d’armes saisies à bord du bateau, qui, selon Israël, était à destination de Gaza, était constituée de cinquante tonnes d’armes : des roquettes Katioucha de 122 millimètres (d’une portée de 20 km), des roquettes antichar, des obus de mortiers, des fusils d’assaut dernier cri, des mines et des munitions ainsi qu’une tonne et demie d’explosifs. Selon certains experts israéliens, les Palestiniens détiennent depuis quelque temps des roquettes et même des missiles antichar, malgré les accords d’Oslo (1993) selon lesquels les services de sécurité de l’Autorité palestinienne n’ont le droit de détenir que des armes légères, 15 000 en tout. Ce qui tourmente le plus les chefs de la sécurité israélienne actuellement, c’est la menace que fait peser sur Israël l’emploi éventuel d’armes de longue portée, estime Hillel Frisch, chercheur au Centre d’études stratégiques BESA de l’Université Bar Ilan, à Tel-Aviv. «Les missiles longue portée (dont disposeraient les Palestiniens) peuvent avoir un rayon d’action de trente kilomètres, ce qui placerait l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv, à portée» de nombreux points de la Cisjordanie, dit-il. Le chef d’état-major israélien, le général Shaul Mofaz, a indiqué récemment que la fabrication des roquettes Qassam 2, produites artisanalement par le mouvement radical islamiste du Hamas, allait être augmentée. «Ils ont déjà procédé à des tirs d’essai et, maintenant, ils vont fabriquer davantage de roquettes de manière à pouvoir attaquer des villes en Israël», a-t-il déclaré. Hier, le quotidien israélien Haaretz s’inquiétait d’éventuels tirs de Qassam 2 sur la plaine côtière du Sharon, très urbanisée. Guerre conventionnelle Barry Rubin, directeur du Global Research in International Affairs Center (GLORIA) estime que si les Palestiniens utilisent des armes plus puissantes, cela pourrait faire basculer l’affrontement en faveur d’Israël. «Cela transformerait un conflit de faible intensité, fait notamment de terrorisme, en une guerre plus conventionnelle, ce qui ferait le jeu des Israéliens aux dépens des Palestiniens», dit-il. «Arafat a déjà commis cette erreur dans le passé, entre 1968 et 1970 en Jordanie, puis en 1980-1982 au Liban. Et par deux fois il a enregistré des revers de taille», estime M. Rubin. Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a déjà promis que si des roquettes tombaient sur des grandes villes israéliennes, la riposte de l’État juif serait d’une violence extrême. Plusieurs experts estiment également que toute escalade de la violence pourrait rendre plus floues les limites entre groupes laïques et groupes islamistes (généralement opposés les uns aux autres) au nom de l’unité nationale. De fait, au cours des derniers mois, un nombre croissant d’attaques ou d’attentats anti-israéliens a été mené de concert par des groupes islamistes, comme le Jihad islamique, et laïques, comme les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, proche du Fateh, le mouvement de M. Arafat.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Seize mois après le début de l’intifada, le soulèvement palestinien contre Israël risque d’entrer dans une nouvelle phase avec l’emploi de nouvelles armes, estiment certains experts. Le 24 janvier, pour la première fois, des Palestiniens ont utilisé des lance-roquettes antichar pour attaquer un convoi israélien qui circulait dans la bande de Gaza. En arraisonnant début janvier le navire Karine A dans les eaux de la mer Rouge, Israël a voulu démontrer que les activistes palestiniens cherchent à utiliser des armes toujours plus perfectionnées. La cargaison d’armes saisies à bord du bateau, qui, selon Israël, était à destination de Gaza, était constituée de cinquante tonnes d’armes : des roquettes Katioucha de 122 millimètres (d’une portée de 20 km), des roquettes antichar, des obus de mortiers, des fusils...