«L’obésité commence au berceau», avertissent les Américains, eux-mêmes victimes du surpoids puisque, selon les statistiques, 30% de la population jeune souffrent de ce mal contre 10% en France et bon nombre d’autres pays européens. On attribue ce haut pourcentage à l’alimentation américaine, où la «nourriture rapide» et les «plats cuisinés» ont instauré le gavage expéditif et la diététique bourrage. Sans parler du culte de la télévision et les jeux vidéo qui abolissent toute intention de mouvement et de dépense graisseuse. Le mode de vie du nouveau monde y est pour beaucoup dans la surcharge pondérale qui galope vers l’obésité à coups de fast-food et d’ice-creams gigantesques. Le mode de vie des nouvelles générations est le berceau des poids lourds. Les psychologues relèvent que ce gavage est le résultat du désœuvrement. Les jeunes cherchent dans la nourriture le remède à leur ennui et à leur mal-être. Les nutritionnistes avertissent que la surenchère alimentaire mène très rapidement au surpoids et on finit par cacher son spleen ou sa tristesse dans les bourrelets qui défigurent l’apparence en ruinant la santé... Le plus grave, c’est que les premières victimes sont les adolescents. Car leur surpoids, symptôme de précarité morale et de frustration affective, est un sérieux facteur de risques cardio-vasculaires. Conscients ou avertis de ces dangers, quelques jeunes obèses ont décidé de lutter contre les kilos et atteindre un poids normal. La télévision française (TF1) a consacré un reportage, en octobre passé, à un groupe de jeunes obèses français qui luttent, à l’instar de jeunes gros Américains, pour retrouver un poids normal. Au Centre des Oiseaux, en France, à Sanary dans le Var, à force de courage et de pugnacité, sous la surveillance de deux médecins, des jeunes obèses arrivent à perdre jusqu’à 75 kilos ! Railleries, commentaires désobligeants, exclusions parfois ou marginalisations deviennent des motifs suffisants pour pousser vers ce centre varois. La base du programme proposé est l’apprentissage d’une alimentation correcte. Viennent ensuite l’accoutumance au sport et la lutte contre les tentations, les craintes et les inhibitions. «Le combat est double, signalent les spécialistes, contre soi et pour soi, avec pour récompense la transformation et la fierté d’avoir gagné la bataille...». Autonomes et résolus, les jeunes métamorphosés quittent le centre en y laissant parfois un fardeau de graisse de plus de 70 kilos, fondu comme neige... Cette victoire contre soi-même renforce, en prime, la confiance et le respect de soi... «Une véritable seconde naissance», concluait Florence, ancienne obèse, avec 66 kilos perdus, en assurant qu’avec eux disparaissent les plus pénibles, les plus douloureux des fardeaux: la honte et le mal-être...
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