La semaine qui vient de s’achever sur les marchés financiers libanais a été marquée par un climat d’expectative empreint de beaucoup d’appréhension après la rupture de la trêve que le Hezbollah observait depuis trois mois sur le front libano-israélien suivie de l’attentat de Hazmieh à la voiture piégée qui a tué l’ancien député et ancien ministre Élie Hobeika. Les menaces de représailles israéliennes aux bombardements des fermes de Chebaa par le Hezbollah ainsi que les inquiétudes entourant la situation sécuritaire dans le pays après l’attentat de Hazmieh n’ont pas tardé à entretenir une atmosphère de prudence au niveau de la communauté financière et du grand public. Dans ce contexte, le marché des changes a été frappé d’immobilisme, les détenteurs de fonds, qui commençaient à s’intéresser aux placements en livre libanaise sous le rapport de sa forte rentabilité, ont finalement opté pour le «wait and see». Cela d’autant que le taux de «dollarisation» des dépôts bancaires, estimés à plus de 61 000 milliards de LL (l’équivalent de 40,5 milliards de dollars), aurait atteint quelque 75 %, réduisant sensiblement le potentiel de demande en cette monnaie. Pourtant, au début de la semaine et avant ce changement de climat, certains opérateurs, exprimant leur confiance vis-à-vis de la livre, avaient procédé à quelques conversions vers la monnaie nationale pour profiter du niveau élevé de son loyer. Mais, depuis jeudi, c’est l’expectative qui devait prévaloir sur le marché. Cela étant, et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert, toujours confronté au potentiel faible de la demande en devises étrangères, continuait à être négocié dans les transactions interbancaires tout près du haut de cette fourchette, soit entre 1 513,50 et 1 514,00 LL à des cours supérieurs, son taux moyen indicatif fixé à 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. En effet, l’activité devait rester faible dont en témoigne le volume des échanges qui n’aurait pas dépassé quelque quarante millions de dollars en grande partie placés à l’achat et à la vente par les établissements de crédit entre 1 513,75 LL, de lundi à mercredi, et 1 514,00 LL jusqu’à la fin de la semaine, dans un marché souvent équilibré de lui-même. E.K.
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