Las du maintien des sanctions et confronté à la menace d’une frappe américaine, l’Irak pourrait lâcher du lest et accepter une reprise des inspections de l’Onu de ses armements, estiment des diplomates. En dépit de sa rhétorique guerrière, Bagdad pourrait accepter une formule de compromis qui ouvrirait la voie à un retour des inspecteurs, qui ont quitté le pays en 1998, et lui permettrait en même temps de sauver la face. Des efforts sont déployés, notamment par Moscou où le vice-président irakien Tarek Aziz est en visite, «pour arriver à une formule répondant aux demandes de l’Irak d’une levée ou d’une suspension de l’embargo en échange du retour des inspecteurs», a affirmé un diplomate occidental en poste à Bagdad. L’Irak continue pourtant de rejeter officiellement la résolution 1284 du Conseil de sécurité de l’Onu, votée en 1999, qui lui offre la perspective d’une levée, du moins d’une révision du régime des sanctions. «L’un des principaux buts de ma visite est de rencontrer les autorités russes pour discuter du problème de l’Irak à l’Onu. J’espère que la Russie nous aidera», a déclaré M. Aziz jeudi à Moscou après une rencontre avec le chef des communistes Guennadi Ziouganov, rappelant que Moscou était un «ami traditionnel» de Bagdad. Le ministère russe des Affaires étrangères avait indiqué la semaine dernière que Moscou allait tenter de convaincre Bagdad de reprendre la coopération avec les inspecteurs en désarmement en échange d’une suspension de l’embargo. «L’Irak n’a rien à craindre d’un retour des inspecteurs mais c’est une question de principe», écrit jeudi le quotidien as-Saoura, organe du parti Baas au pouvoir à Bagdad, ne semblant plus écarter cette hypothèse. «La question du retour des inspecteurs alimente la guerre médiatique américaine contre l’Irak après l’échec des tentatives visant à le lier aux évènements du 11 septembre et au bacille du charbon», ajoute le journal. Il affirme cependant que Bagdad «ne changera pas sa position sans une approche positive du Conseil de sécurité. L’embargo doit être d’abord levé et après on verra», souligne le journal. Un autre diplomate occidental a estimé que Bagdad pourrait «assouplir sa position» et accepter une formule prévoyant «le retour des inspecteurs pour une durée déterminée et avec une mission précise». Un tel compromis, qui pourrait être élaboré par la Russie et la Chine, où M. Aziz est attendu, «est susceptible d’encourager Bagdad qui pourrait revenir sur sa position refusant un retour des inspecteurs en échange d’une suspension de l’embargo», ajoute-t-il. La Russie, qui est, comme la Chine, membre permanent du Conseil de sécurité, avait voté en décembre la résolution 1382 de l’Onu qui ouvre la voie à une révision des sanctions et au retour en Irak des inspecteurs en désarmement. Selon des sources diplomatiques citées jeudi par le quotidien arabe Asharq al-awsat, les «idées» que le président Saddam Hussein a chargé samedi le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa de transmettre à l’Onu et aux dirigeants arabes portent sur la question des inspecteurs et celle des disparus koweïtiens de la guerre du Golfe. Le chef de l’État irakien proposerait ainsi, selon ces sources, de «régler les différends avec l’Onu à condition que les Américains acceptent de ne pas participer aux équipes internationales d’inspection». Le président américain George W. Bush a sommé le 16 janvier le président irakien d’accepter le retour des inspecteurs en désarmement. «Sinon, nous nous occuperons de lui le moment venu», a-t-il averti.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Las du maintien des sanctions et confronté à la menace d’une frappe américaine, l’Irak pourrait lâcher du lest et accepter une reprise des inspections de l’Onu de ses armements, estiment des diplomates. En dépit de sa rhétorique guerrière, Bagdad pourrait accepter une formule de compromis qui ouvrirait la voie à un retour des inspecteurs, qui ont quitté le pays en 1998, et lui permettrait en même temps de sauver la face. Des efforts sont déployés, notamment par Moscou où le vice-président irakien Tarek Aziz est en visite, «pour arriver à une formule répondant aux demandes de l’Irak d’une levée ou d’une suspension de l’embargo en échange du retour des inspecteurs», a affirmé un diplomate occidental en poste à Bagdad. L’Irak continue pourtant de rejeter officiellement la résolution 1284 du Conseil de...