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Les alliés arabes de Washington déçus

Un an après l’arrivée de George W. Bush à la Maison-Blanche, les pays arabes modérés alliés de Washington ont déchanté en estimant qu’il a cédé face aux pressions de la droite israélienne dirigée par le Premier ministre Ariel Sharon. Ces pays modérés, à leur tête l’Arabie séoudite, l’Égypte et la Jordanie, craignent que la politique de M. Sharon mène à une escalade qui provoquerait des actes terroristes pires encore que les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Après avoir pris ses fonctions le 20 janvier 2001 et courtisé les Arabes pour leur participation à la lutte antiterroriste consécutive aux attentats du 11 septembre, M. Bush a créé dans le monde arabe l’espoir de relations très proches qui existaient du temps de son père, alors au pouvoir, il y a dix ans. Mais ces espoirs ont été dissipés, estiment des analystes. «Il y a une déception et une prise de conscience générale que nous sommes dans une impasse totale», affirme Mohammed Sid-Ahmed. «Il n’y a aucune lueur d’espoir (de paix)», dit-il. L’Égypte, premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël en 1979, presse en vain Washington de tenter de contenir les «agissements» de Sharon. Le chef de l’État égyptien Hosni Moubarak s’est déclaré convaincu que M. Bush souhaitait la création d’un État palestinien, mais a affirmé être conscient «des pressions exercées sur (les preneurs de) décisions aux États-Unis», dans une allusion au lobby américain pro-israélien. En novembre, M. Moubarak avait appelé les États-Unis à cesser leur aide militaire «aveugle» à Israël, prévenant que les pays voisins risquaient de riposter en se dotant «d’armes nucléaires, chimiques et biologiques». La Jordanie, second pays arabe à avoir conclu la paix avec Israël, affirme la nécessité d’un rôle américain au Proche-Orient et incite Washington à intervenir pour mettre un terme aux violences israélo-palestiniennes qui ont fait environ 1 150 morts depuis le déclenchement de l’intifada il y a 16 mois. Les pays du Golfe, qui entretenaient d’excellentes relations avec George Bush père et avaient salué l’élection de Bush fils, ont rapidement déchanté accusant Washington de s’aligner sur les positions israéliennes. Le prince héritier séoudien, Abdallah ben Abdel Aziz, dont le pays est le principal allié de Washington dans la région, a décliné une invitation à la Maison-Blanche en juin 2001, estimant que l’administration américaine ne faisait pas assez pour freiner Israël. Le prince Abdallah, qui dirige de facto le royaume en raison de la santé fragile du roi Fahd, s’est plaint que l’actuelle Administration Bush soit trop proche de M. Sharon et prompte à ignorer les préoccupations des Palestiniens. Les pays arabes «ont été surpris par le fait que M. Bush n’est pas très informé sur le monde arabe et n’est pas disposé à s’engager trop dans le conflit du Proche-Orient après l’échec de son prédécesseur Bill Clinton à favoriser un règlement», estime un ancien diplomate égyptien Tahssin Bachir. Exploitant ce vide, Israël a depuis «tout mis sens dessus dessous» et assimile aujourd’hui le président palestinien Yasser Arafat à Oussama Ben Laden, suspect numéro un dans les attentats du 11 septembre, note-t-il. MM. Bachir et Sid-Ahmed estiment que les déclarations de M. Bush favorables à la création d’un État palestinien ne sont qu’un engagement verbal pour obtenir un soutien arabe à la guerre antiterroriste lancée par son pays. «Même si la guerre en Afghanistan approche de sa fin, il semble que le problème palestinien n’est plus une priorité pour l’Administration Bush, qui préfère adopter des positions qui plaisent à Sharon», estime M. Sid-Ahmed. Or, «si le processus de paix et le problème palestinien sont ignorés, cela signifie que l’on donne un feu vert au terrorisme», soutient-il.
Un an après l’arrivée de George W. Bush à la Maison-Blanche, les pays arabes modérés alliés de Washington ont déchanté en estimant qu’il a cédé face aux pressions de la droite israélienne dirigée par le Premier ministre Ariel Sharon. Ces pays modérés, à leur tête l’Arabie séoudite, l’Égypte et la Jordanie, craignent que la politique de M. Sharon mène à une escalade qui provoquerait des actes terroristes pires encore que les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Après avoir pris ses fonctions le 20 janvier 2001 et courtisé les Arabes pour leur participation à la lutte antiterroriste consécutive aux attentats du 11 septembre, M. Bush a créé dans le monde arabe l’espoir de relations très proches qui existaient du temps de son père, alors au pouvoir, il y a dix ans. Mais ces espoirs ont été...