Frénésie, légèreté et bizarrerie sur fond électronique Après le tohu-bohu des fêtes, la rentrée s’avère par moments difficile. Certains labels ont édité en CD les derniers travaux de grands artistes, et pas des moindres : Truffaz, Marc Moulin et Radiohead. Ils viendront adoucir, chacun à sa façon, nos petites sautes d’humeur. « Mantis » de Erik Truffaz (Blue Note) À la fois doux et sauvage, traditionnel et novateur, Mantis balance entre plusieurs ambiances. C’est dans un cadre minimaliste que Philippe Garcia (batteur) improvise sur un tempo «drum’n bass», pendant que Truffaz (trompettiste) et Michel Benita (bassiste) gardent une tenue de route très jazz. Un jazz qui se décline ici de diverses manières : traditionnel ou méticuleux, libre ou fou, il va dans tous les sens. Magrouni, morceau interprété en arabe par Mounir Troudi, s’éloigne du «raï», malgré son orientalisme patent, pour se ranger dans la lignée «drum’n bass». Petit décalage étonnant. Pour tous les amoureux de jazz, cet album aux accents hétéroclites se savoure intensivement, rapidement, presque frénétiquement. « Top secret » de Marc Moulin (Blue Note) Petit kaléidoscope musical, Top secret va de l’électro jazz à de la «house», en passant par un détour latino. Léger, facile à écouter, cet album s’inspire de Tourist, dernier-né de Saint Germain. Sur fond soul des années 60, la voix de Ron Mael, suave et sensuelle, habille certains morceaux d’une pointe d’exotisme. Marc Moulin, à l’aide de sons retravaillés sur machine revisite, à sa façon, l’ambiance des boîtes de nuit des années 30. Un album qui s’écoute agréablement en début de soirée, entre petit verre et grands canapés, et qui donne des envies de danser et de passer du bon temps. « I might be wrong » (Je peux me tromper) de Radiohead (Parlophone) Un album enregistré en concert n’a généralement rien de surprenant. Pourtant, ici, le cas est différent. Ce nouveau-né des Radiohead regroupe les principaux titres de leurs derniers albums, Kid A et Amnesiac. Toutes les chansons sont jouées et interprétées dans une tonalité plus douce, évanescente, quasi aérienne. Seule la dernière, True love waits, a été nouvellement composée. Chaque album des Radiohead ressemble à une petite bombe stellaire pour leurs fans, et à un précieux joyau à découvrir pour d’autres. Sortant de la lignée alternative ou post-rock, inclassables, jamais les mêmes, ils s’imposent, plus simplement, comme un groupe de rock toujours aussi étrange et génial. Y.R.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Frénésie, légèreté et bizarrerie sur fond électronique Après le tohu-bohu des fêtes, la rentrée s’avère par moments difficile. Certains labels ont édité en CD les derniers travaux de grands artistes, et pas des moindres : Truffaz, Marc Moulin et Radiohead. Ils viendront adoucir, chacun à sa façon, nos petites sautes d’humeur. « Mantis » de Erik Truffaz (Blue Note) À la fois doux et sauvage, traditionnel et novateur, Mantis balance entre plusieurs ambiances. C’est dans un cadre minimaliste que Philippe Garcia (batteur) improvise sur un tempo «drum’n bass», pendant que Truffaz (trompettiste) et Michel Benita (bassiste) gardent une tenue de route très jazz. Un jazz qui se décline ici de diverses manières : traditionnel ou méticuleux, libre ou fou, il va dans tous les sens. Magrouni, morceau interprété en...