La région, relève M. Issam Farès, se trouve devant une double alternative. Ou bien le maintien vaille que vaille du statu quo de ni guerre ni paix. Ou bien une confrontation militaire généralisée. Ou alors, le retour à la table des négociations sur base des principes de Madrid comme des résolutions de l’Onu. Un diplomate expérimenté partage entièrement ce point de vue. Mais précise qu’il lui semble hautement improbable que le processus redémarre vraiment, tant que Sharon reste aux commandes en Israël. Car cet ancien général continue manifestement à faire de l’obstruction. Par d’incessantes provocations et par des conditions rédhibitoires. Comme d’exiger la neutralisation préalable de l’intifada ainsi que de la Résistance libanaise. En fixant une période-test de trêve, sans pour autant s’engager lui-même à cesser les agressions, les transgressions comme les assassinats ciblés. Ainsi, lorsque l’Autorité palestinienne a enjoint à toutes les organisations de suspendre leurs opérations sous peine de répression interne, le gouvernement israélien n’a répondu qu’en renforçant le blocus frappant Gaza et la Cisjordanie. Allant jusqu’à interdire à Arafat de quitter Ramallah pour célébrer Noël avec les chrétiens à Bethléem. Chaque jour, les Israéliens ont continué à tirer sur les Palestiniens pendant la soi-disant trêve. Il n’est pas étonnant dès lors que les formations palestiniennes radicales aient repris leurs actions. Aussitôt imputées par Sharon à Arafat lui-même. Le gouvernement israélien a riposté en torpillant en même temps des dizaines d’habitations palestiniennes et la mission de l’envoyé américain, le général Zinni. Faisant allusion ensuite aussi bien à l’État libanais, potentiellement confronté à des débordements des extrémistes locaux, qu’à l’Autorité palestinienne, ce diplomate souligne qu’il n’existe aucune puissance au monde capable de garantir un degré zéro d’insécurité. Ou, si l’on préfère, une sécurité absolue, sans failles. Des exemples aussi frappants que frappés sont fournis par les attentats aux USA, en Espagne, en Corse, en Inde, en Grande-Bretagne et partout ailleurs dans le monde. Réaliste, l’ancien sénateur américain George Mitchell, auteur du plan qui porte son nom, déclare que pour le moment, il faut rechercher au Proche-Orient «une réduction du taux de violence», sous-entendant qu’il serait illusoire de courir après un calme total. M. Mitchell estime «simpliste de penser qu’Arafat contrôle parfaitement la situation (sur le plan palestinien) ou, inversement, qu’il ne contrôle rien du tout. Cela ne se passe ainsi nulle part, ni dans les îles britanniques, ni au Moyen-Orient, ni ailleurs». Après cette citation, la source diplomatique affirme que les États-Unis devraient dépasser leur rôle de médiateur pour se poser en francs arbitres. Car le conflit a atteint un point tel que les protagonistes ne peuvent plus accepter volontairement un arrangement et qu’il faut donc le leur imposer. Seule l’Amérique est en mesure de le faire et elle s’y trouve d’ailleurs autorisée par la charte de Madrid. Contrairement à bien d’autres observateurs, cet analyste pense qu’une éventuelle éviction de Sharon ne suffirait pas pour résoudre le problème. Tout comme Arafat, précise-t-il, le Premier ministre israélien est l’élu d’un peuple qui ne le désavoue pas, mais marche majoritairement dans son sillage. La sortie de scène de l’un ou de l’autre de ces deux ennemis ne ferait que compliquer la crise. Alors qu’un éventuel accord qu’ils concluraient serait d’autant plus solide qu’ils se détestent. Mais quelles perspectives pour l’avenir ? Sur ce point, le diplomate cité se montre plutôt optimiste. Dans ce sens qu’il croit dur comme fer qu’il n’y a pas de guerre qui ne prenne fin. En citant comme exemples, plus ou moins exacts, le Liban et l’Irlande du Nord, retournés à la normale selon lui après plus de vingt ans de troubles. Cela pour mieux souligner qu’en bonne logique, il est malheureux de laisser se poursuivre trop longtemps les morts, les destructions et autres ravages de guerre. Donc, selon cette personnalité, les Américains devraient imposer une reprise des négociations israélo-palestiniennes sans conditions préliminaires de part et d’autre, pour sortir du cercle vicieux. Mais une question continue à se poser : à la lumière des développements dans les territoires autonomes comme de la récente prise de position US visant l’Iran et le Hezbollah, le risque de voir Sharon se lancer dans une aventure guerrière démente n’est-il pas accru ? E.K.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La région, relève M. Issam Farès, se trouve devant une double alternative. Ou bien le maintien vaille que vaille du statu quo de ni guerre ni paix. Ou bien une confrontation militaire généralisée. Ou alors, le retour à la table des négociations sur base des principes de Madrid comme des résolutions de l’Onu. Un diplomate expérimenté partage entièrement ce point de vue. Mais précise qu’il lui semble hautement improbable que le processus redémarre vraiment, tant que Sharon reste aux commandes en Israël. Car cet ancien général continue manifestement à faire de l’obstruction. Par d’incessantes provocations et par des conditions rédhibitoires. Comme d’exiger la neutralisation préalable de l’intifada ainsi que de la Résistance libanaise. En fixant une période-test de trêve, sans pour autant s’engager...