L’État-employeur est si gros que les coutures de ses basques, comme dirait l’ETA, en éclatent. Les bonnes âmes parlent de son rôle social. Qui est aussi indéniable que vicié à la base. Par une corruption proprement, et salement, mafieuse. Jugez-en plutôt d’après ce pris sur le vif au quotidien, rapporté aux quotidiens par un groupe de notables. Se trouvant en délégation chez un pôle du pouvoir, ils le voient prendre sans façon son portable. Pour appeler l’un de ses assistants et lui demander sur un ton impératif : «J’ai un jeune homme, bac en poche, à placer. Qu’est-ce que nous pouvons lui offrir ? Qu’est-ce qu’il nous reste comme postes disponibles ? Examinez la grille et répondez-moi dans un quart d’heure». Un véritable bureau de l’emploi finement organisé. À première vue, cette pratique ne mérite qu’un haussement d’épaules, un sourire blasé. Mais elle marque le début de tout un circuit. Avec, à l’arrivée, deux millions de dollars payés chaque mois à des cadres de la première catégorie mis à disposition, c’est-à-dire invités à rester chez eux à se tourner les pouces. Une ahurissante innovation du système Taëf. Et qui risque d’aller encore plus loin. Car il se murmure que certaines désignations récentes, délibérément inappropriées, pourraient également déboucher sur une nouvelle série de fonctionnaires mis sur la touche, pour de splendides congés payés. Cela sans compter les commis de grade inférieur également dispensés de travail, comme les surnuméraires de l’Information ou les 7 000 instituteurs sans classes. Sans compter non plus l’excédent de bagages en termes de valise diplomatique, du corps d’ordre et autres quasi-mercenaires. L’État-providence ? Dites plutôt l’État-godfather. I.D.
L’État-employeur est si gros que les coutures de ses basques, comme dirait l’ETA, en éclatent. Les bonnes âmes parlent de son rôle social. Qui est aussi indéniable que vicié à la base. Par une corruption proprement, et salement, mafieuse. Jugez-en plutôt d’après ce pris sur le vif au quotidien, rapporté aux quotidiens par un groupe de notables. Se trouvant en délégation chez un pôle du pouvoir, ils le voient prendre sans façon son portable. Pour appeler l’un de ses assistants et lui demander sur un ton impératif : «J’ai un jeune homme, bac en poche, à placer. Qu’est-ce que nous pouvons lui offrir ? Qu’est-ce qu’il nous reste comme postes disponibles ? Examinez la grille et répondez-moi dans un quart d’heure». Un véritable bureau de l’emploi finement organisé. À première vue, cette pratique ne...
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