Les négociateurs de Mitterrand doublés par ceux de Chirac
le 10 janvier 2002 à 00h00
Pour un ancien ambassadeur de France en Tunisie, Eric Rouleau, la droite négociait en parallèle, dès 1986, la libération de Marcel Fontaine, Marcel Carton et Jean-Paul Kauffmann, alors même que le président Mitterrand l’avait chargé de cette mission. M. Rouleau a déclaré hier à Radio France Internationale qu’il se serait ainsi vu répondre à Tunis par le chef des services de renseignements de l’OLP, Abou Iyad : «Vous arrivez trop tard, les dirigeants de l’opposition de droite ont déjà fait des propositions alléchantes». M. Rouleau, qui s’exprimait selon RFI pour la première fois en public sur ce dossier, a précisé qu’on ne lui avait «donné aucun nom». Il a ajouté qu’après «trois jours et trois nuits de négociations», un accord est signé le 13 mars. «Tout était en règle, j’avais envoyé un télégramme de mission accomplie. Mais le 14 au matin, Rafigh Doust (ministre iranien des Gardiens de la Révolution) me dit : “Tout ce que nous avons signé, tout ce que nous avons convenu est annulé ”». M. Rouleau explique qu’il apprendra «la vérité» un peu plus tard par la bouche de Mohammed Sadegh, «un vieil ami» et adjoint de M. Doust. «Dans sa voiture, il nous dit : “Vous avez perdu, parce que vous avez trop peu et trop tard. Vos adversaires de la droite étaient assis à côté. Chaque fois que vous faisiez une proposition, Rafigh Doust allait les voir pour le leur dire”». En citant toujours M. Sadegh, M. Rouleau précise que les négociateurs de la droite avaient ainsi proposé, «dès que Jacques Chirac gagnerait les élections quelques jours plus tard» : la libération des cinq terroristes de l’équipe d’Anis Naccache, condamnés en France pour la tentative d’assassinat, en 1980, de Chapour Bakhtiar, dernier Premier ministre du chah d’Iran ; 750 millions de dollars comme un acompte sur le contentieux franco-iranien Eurodif ; l’expulsion des réfugiés politiques iraniens ; la livraison des armements désirés. La plupart de ces propositions étaient considérées comme des «sujets non négociables» pour le ministre des Affaires étrangères de l’époque Roland Dumas.
Pour un ancien ambassadeur de France en Tunisie, Eric Rouleau, la droite négociait en parallèle, dès 1986, la libération de Marcel Fontaine, Marcel Carton et Jean-Paul Kauffmann, alors même que le président Mitterrand l’avait chargé de cette mission. M. Rouleau a déclaré hier à Radio France Internationale qu’il se serait ainsi vu répondre à Tunis par le chef des services de renseignements de l’OLP, Abou Iyad : «Vous arrivez trop tard, les dirigeants de l’opposition de droite ont déjà fait des propositions alléchantes». M. Rouleau, qui s’exprimait selon RFI pour la première fois en public sur ce dossier, a précisé qu’on ne lui avait «donné aucun nom». Il a ajouté qu’après «trois jours et trois nuits de négociations», un accord est signé le 13 mars. «Tout était en règle, j’avais envoyé un...
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