La libération, le 4 mai 1988, entre les deux tours de l’élection présidentielle, des trois derniers otages français au Liban, est aujourd’hui entachée de rumeurs, immédiatement démenties par le gouvernement français, d’une rançon payée aux ravisseurs. Le 5 mai 1988, le journaliste Jean-Paul Kauffmann et les diplomates Marcel Fontaine et Marcel Carton sont accueillis en France par le Premier ministre Jacques Chirac, qui remercie Téhéran et cite le nom de Jean-Charles Marchiani, le négociateur sur le terrain. Au total, onze Français ont été détenus entre 1985 et 1988 par le Jihad islamique et l’Organisation de la justice révolutionnaire (OJR). Mais la question des conditions de cette libération est immédiatement soulevée. Des sources proches du dossier affirment alors que les ravisseurs ont réclamé «la libération du commando emprisonné en France pour tentative d’assassinat de l’ex-Premier ministre iranien Chapour Bakhtiar, en 1980, l’arrêt du soutien de la France à l’Irak dans sa guerre contre l’Iran et le remboursement à l’Iran d’un prêt d’un milliard de dollars, avancé par le chah d’Iran en 1975 au commissariat à l’Énergie atomique». Cette dernière créance fait de facto l’objet de la reprise de conversations entre EURODIF (consortium multinational à majorité française) et l’OEAI (Organisation de l’énergie atomique iranienne), juste après la libération des otages. Paris aurait aussi, selon des sources de l’époque, proposé notamment à Téhéran l’octroi de licences d’exportations d’uranium enrichi d’EURODIF vers l’Iran. Devançant les critiques, Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, affirme le 5 mai n’avoir accordé «quelque subside que ce soit à personne». «Nous n’avons cédé à aucune revendication. Pas un franc, pas un dollar, pas un mark», assure-t-il. Mais si les critiques sont rares en France, en cette fin de cohabitation, elles sont plus vives à l’étranger. En Grande-Bretagne, le Financial Times estime qu’il «n’est pas réconfortant pour le futur gouvernement français de savoir que l’Iran peut espérer désormais exercer des pressions sur lui avec des chances raisonnables de succès». Le New York Times considère quant à lui que «Jacques Chirac semble avoir payé un prix élevé et humiliant». «Nous sommes bien sûr satisfaits pour les personnes en question (...). Cependant nous espérons qu’aucun accord du type sur lequel nous avons des objections n’a été conclu», déclare la Maison-Blanche. Le Premier ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, réitère pour sa part son opposition à tout «marché» avec des terroristes. Et ajoute que Paris l’a assuré «n’avoir versé aucune rançon».
La libération, le 4 mai 1988, entre les deux tours de l’élection présidentielle, des trois derniers otages français au Liban, est aujourd’hui entachée de rumeurs, immédiatement démenties par le gouvernement français, d’une rançon payée aux ravisseurs. Le 5 mai 1988, le journaliste Jean-Paul Kauffmann et les diplomates Marcel Fontaine et Marcel Carton sont accueillis en France par le Premier ministre Jacques Chirac, qui remercie Téhéran et cite le nom de Jean-Charles Marchiani, le négociateur sur le terrain. Au total, onze Français ont été détenus entre 1985 et 1988 par le Jihad islamique et l’Organisation de la justice révolutionnaire (OJR). Mais la question des conditions de cette libération est immédiatement soulevée. Des sources proches du dossier affirment alors que les ravisseurs ont réclamé «la...
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