Il ne faut pas considérer l’Oratorio de Noël comme une juxtaposition de six cantates. Bien que divisé en six parties, il s’agit bien d’une seule et même histoire, celle de la naissance de Jésus qui débute par le récensement de Bethléem et se termine par l’adoration des Rois mages. La force de cet oratorio provient en partie de la concentration de son texte qui puise amplement aux Évangiles selon saint Luc et saint Matthieu. Évidemment, dans ce complexe, les récitatifs de «l’Évangéliste», personnifié par la voix de ténor qui assume les citations des Écritures, jouent le rôle de fil conducteur. La principale qualité d’un nouvel enregistrement est, dans le respect de la partition, d’affirmer une conception d’ensemble personnelle, que viennent servir une exécution et des artistes conséquents. L’Oratorio de Noël, grande méditation jubilatoire de Bach, permet d’insister sur tel ou tel aspect, festif, grandiose, recueilli, simple ou familier. Par les couleurs de l’orchestre, la personnalité du chef ou du chœur, le choix des solistes et les tempi adoptés, l’enregistrement que nous propose la firme Virgin sous la baguette de Herreweghe semble avoir voulu nous donner de Noël une vision simple et colorée. La couverture l’illustre bien : le tableau est La Nativité de Piero della Francesca. Philippe Herreweghe a toujours été heureux dans le répertoire sacré, auquel il sait donner beaucoup de climat, sans succomber aux muses théâtrales, sans non plus transformer le discours en symphonie avec voix. L’annonce de cet Oratorio de Noël fut donc une bonne nouvelle. Parlons d’abord des merveilleux instrumentistes du Collegium vocal de Ghent : les cordes sont admirables et l’ensemble des instruments à vent superbes dans leurs sonorités (Sinfonia N°10). Les trompettes ne font pas un numéro de puissance et n’ont pas (N°54) cette agressivité si souvent présente dans les autres versions. La légèreté des cordes, dans l’air de ténor N°41 ou dans les NOS43 et 45, est stupéfiante. Le chœur des garçons est admirable. Michael Chance (haute-contre) est remarquable de justesse et d’émotion, de clarté et de fraîcheur (26, 36, 38, 40). À écouter avec attention le soliste-ange du N°13. La distribution vocale est homogène. Howard Crook est un Évangéliste de tout premier plan. La voix est facile, souple et puissante (NOS30 et 37). Le N°38 est une leçon d’interprétation et d’intelligence. Barbara Schlick chante les airs de soprane avec un style d’une grande pureté. Il faut écouter les NOS39 et 57 pour mesurer la toute grande classe de cette artiste. Une version recommandable, par son climat étonnamment homogène, liant la prière, le récit plein d’espoir et la joie candide. Un joli cadeau de Noël, tout simplement !
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il ne faut pas considérer l’Oratorio de Noël comme une juxtaposition de six cantates. Bien que divisé en six parties, il s’agit bien d’une seule et même histoire, celle de la naissance de Jésus qui débute par le récensement de Bethléem et se termine par l’adoration des Rois mages. La force de cet oratorio provient en partie de la concentration de son texte qui puise amplement aux Évangiles selon saint Luc et saint Matthieu. Évidemment, dans ce complexe, les récitatifs de «l’Évangéliste», personnifié par la voix de ténor qui assume les citations des Écritures, jouent le rôle de fil conducteur. La principale qualité d’un nouvel enregistrement est, dans le respect de la partition, d’affirmer une conception d’ensemble personnelle, que viennent servir une exécution et des artistes conséquents....