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Actualités - Chronologies

Cherry, prostituée et porte-parole d’ONG

Cherry Kingsley, violée à 10 ans, prostituée à 15, est aujourd’hui militante des droits de l’enfant pour le restant de ses jours. Jeune indienne Shuswap de Colombie-Britannique (Canada), elle est déléguée de l’organisation non gouvernementale Save the Children. Cherry Kingsley, jolie brune au sourire un peu triste, est intervenue bravement lundi, après ministres et princesses, lors de la séance inaugurale du 2e congrès contre l’exploitation sexuelle des enfants à Yokohama, comme porte-parole du groupe d’ONG qui co-organise la conférence. «Chez moi, c’était la pauvreté, la violence et les sévices sexuels», raconte-t-elle en marge des séances de travail du congrès. «J’ai été violée à 10 ans par quelqu’un de ma famille, ma sœur aussi. Un travailleur social nous a alors placées toutes les deux, mais pas dans la même famille d’accueil. En cinq ou six ans, j’ai connu vingt foyers différents. «Je n’avais ni parents ni amis parce que je déménageais trop souvent. À 15 ans, j’ai rencontré des gens en ville, qui ont bavardé avec moi. Ils m’ont dit qu’ils s’occuperaient de moi, qu’ils m’emmèneraient avec eux, que je n’aurai plus à vivre dans des familles d’accueil et que ce serait mieux pour moi. Alors je les ai suivis à Vancouver et ils m’ont mise sur le trottoir, d’abord dans la rue puis en maison close. J’ai travaillé pour eux quelque temps, puis pour une bande de motards qui m’ont mise à la drogue. À 16 ans, j’étais dépendante à la cocaïne et à l’héroïne. «Et puis un jour, j’ai eu une crise cardiaque à cause de la cocaïne, on m’a envoyée à l’hôpital. Quand je suis sortie, un client m’a conduite dans un jardin et m’a violée sous la menace d’un revolver, et je suis retournée à l’hôpital. Après cela, j’avais tellement peur que je me suis enfuie à Calgary, chez d’anciens amis de Vancouver. «Quand je suis rentrée à Vancouver, j’ai rencontré deux garçons sur le trottoir, des prostitués eux aussi, et nous avons commencé à écrire un petit journal qui racontait nos histoires. Nous l’avons envoyé au gouvernement et distribué à beaucoup d’autres jeunes, autant que nous pouvions, pour les mettre en garde. «Une clinique qui distribuait des préservatifs et des seringues neuves aux gens dans la rue nous imprimait notre journal. Et puis mes deux amis sont morts, l’un d’eux s’est suicidé, l’autre a eu une overdose. Tous mes amis sont morts, le père de mon fils de neuf ans aussi. J’ai décidé alors de faire connaître tout ça. «En 1996, un sénateur, Landon Pierson, et la ministre de la Jeunesse, Ethel Blondin-Andrew, qui font tous les deux partie de la délégation canadienne à Yokohama, commencèrent à s’occuper de moi en m’aidant à financer mes projets et j’ai alors rencontré Save the Children. Nous avons monté des programmes avec le gouvernement et aujourd’hui une soixantaine de jeunes venus de la prostitution travaillent sur ces programmes dans plusieurs villes du Canada. La même année j’ai participé au congrès de Stockholm avec l’Unicef. Les gens paraissaient intéressés par mes idées. À mon retour au Canada, j’ai organisé le premier sommet des jeunes victimes d’exploitation dans le monde avec 55 jeunes venus de dix pays américains, pour faire changer les choses. «Maintenant je travaille pour Save the Children, c’est ma vie et je le ferai jusqu’à la fin de mes jours».
Cherry Kingsley, violée à 10 ans, prostituée à 15, est aujourd’hui militante des droits de l’enfant pour le restant de ses jours. Jeune indienne Shuswap de Colombie-Britannique (Canada), elle est déléguée de l’organisation non gouvernementale Save the Children. Cherry Kingsley, jolie brune au sourire un peu triste, est intervenue bravement lundi, après ministres et princesses, lors de la séance inaugurale du 2e congrès contre l’exploitation sexuelle des enfants à Yokohama, comme porte-parole du groupe d’ONG qui co-organise la conférence. «Chez moi, c’était la pauvreté, la violence et les sévices sexuels», raconte-t-elle en marge des séances de travail du congrès. «J’ai été violée à 10 ans par quelqu’un de ma famille, ma sœur aussi. Un travailleur social nous a alors placées toutes les deux, mais...