L’Europe, les États-Unis, ainsi que les voisins régionaux de l’Afghanistan comme la Russie ou le Pakistan, se sont félicités de l’accord conclu hier à Bonn entre les factions afghanes, soulignant qu’il ne s’agissait que d’une première étape dans la reconstruction de ce pays. «Un jour historique pour l’Afghanistan», a déclaré le haut représentant pour la politique extérieure de l’Union européenne, Javier Solana, qui a souligné que la balle était à présent dans le camp des Afghans. «L’accord doit maintenant être mis en œuvre», a-t-il dit alors que le commissaire européen aux relations extérieures Chris Patten parlait, lui, de «premier pas politique crucial». Individuellement, les chefs d’État ou de gouvernement européens se sont réjouis de l’accord, signé sous l’égide de l’Onu et qui engage les factions à partager le pouvoir et à conduire leur pays vers des élections démocratiques. «Un nouveau chapitre de l’histoire de l’Afghanistan commence», a déclaré le chancelier allemand Gerhard Schröder. «L’occasion d’un nouveau départ», selon les mots du porte-parole du Premier ministre britannique Tony Blair, qui a souhaité la construction d’un avenir «dans lequel chacun aura son mot à dire, indifféremment de son origine ethnique ou de son sexe». Le président français, Jacques Chirac, a également insisté sur le fait qu’il était «essentiel que l’ensemble des composantes du pays se rassemblent pour établir des institutions d’État stables, respectueuses du droit, des libertés publiques et de la dignité humaine», selon la porte-parole de la présidence. Le président américain George W. Bush s’est quant à lui déclaré hier très satisfait de l’accord qu’il considère comme «très positif», a déclaré la Maison-Blanche. «Ce développement permettra au peuple afghan de reprendre le contrôle de son pays et le président en est très heureux», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer. Le secrétaire d’État américain Colin Powell a de son côté promis hier l’aide économique et le soutien politique des États-Unis au gouvernement provisoire qui doit se mettre en place à Kaboul. «Les États-Unis vont être activement engagés dans le soutien au gouvernement» provisoire, a déclaré M. Powell à l’issue d’une visite officielle à Ankara. «Maintenant, le vrai travail commence avec la mise en place d’un gouvernement intérimaire à Kaboul qui puisse commencer à exercer son contrôle», a-t-il déclaré. En ce qui concerne le Pakistan, celui-ci s’est officiellement félicité de l’accord interafghan de Bonn mais, en privé, certains responsables s’inquiètent de l’attribution de trois postes-clefs à des dirigeants de l’Alliance du Nord. «Le président Musharraf a déclaré qu’il souhaitait toute réussite au nouveau gouvernement intérimaire et qu’il l’assurait de tout le soutien et la coopération du Pakistan», selon un texte publié à l’issue d’un Conseil des ministres. Toutefois, «le fait que trois ministères-clés reviennent à l’Alliance et que le groupe de Peshawar, soutenu par le Pakistan, n’obtiennent que des ministères mineurs est un sujet de préoccupation pour le Pakistan», a admis un responsable gouvernemental. Les pays voisins de l’Afghanistan, très directement concernés par sa stabilité, ont également réagi plutôt positivement à l’accord de Bonn. La Russie, très sensible à la situation en Afghanistan et à ses conséquences sur l’Asie centrale ex-soviétique, sa zone d’influence, a jugé «très positif» l’accord signé en Allemagne. «Si les Afghans reconnaissent ce gouvernement, nous sommes prêts à élargir nos liens diplomatiques avec l’administration en cours de formation», a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Lossioukov. L’autre allié de l’Alliance, l’Iran, a pour sa part indiqué n’avoir «aucune objection» à la nomination du chef pachtoun Hamid Karzaï à la présidence du gouvernement intérimaire.
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