Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Dépendance - Duel à mort avec le tabac

L’histoire de l’homme et du tabac est un duel mortel... On le sait, on le répète, on se le répète et on continue à fumer... Comme toute passion, le tabagisme est une accoutumance funeste où l’auteur est aussi la victime... Si on ne fume que quelques cigarettes par jour «pour le plaisir», il s’agit d’une relation non dangereuse. Mais si, avalé par la spirale, le fumeur entame avec «sa clope» une aventure passionnelle, pleine de fureur et de souffrance, la perte est fatale. Il aura beau se répéter qu’il faut absolument cesser de fumer, passion et déraison ont neuf fois sur dix gain de cause. Le plaisir fusionnel éprouvé lors de ses retrouvailles avec l’objet de sa passion l’aspire dans une spirale dont il devient de plus en plus difficile de s’en dégager... On peut difficilement nier la fonction jouissive de la cigarette. L’inéluctable amertume proche du dégoût au moment de l’écrasement du mégot, après la énième tentative avortée d’arrêter de fumer... Comme toute passion, celle de la nicotine est une relation d’amour et de haine parallèlement au passage de l’état du plaisir infini à celui de la mise au rebut. Comme le tabac est un plaisir multiforme, il pallie multiples manques. L’obsessionnel, le phobique, l’angoissé, le frustré, l’hystérique, le psychotique trouveront de quoi combler le besoin de ce qui leur semble indispensable. Selon les psychanalystes, le plaisir de fumer remonte aux premières étapes du développement psychique. La relation, d’ailleurs, du fumeur avec la cigarette se caractérise par des répétitions du schéma suivi durant les premiers temps de la vie, les mêmes angoisses et les mêmes symptômes... Il semble, toutefois, que la cure analytique (psychanalyse) n’a pas d’effet, ou du moins très limité, sur le comportement du tabagique. Les psychanalystes estiment que cela pourrait être dû au fait que les fumeurs qui cherchent réellement à élucider les raisons profondes qui les lient au tabac ne sont pas légion... N’empêche que la cigarette, par le jeu symbolique de l’inhalation et de l’expulsion de la fumée, évoque dans l’inconscient les premières étapes du développement psychique. La réticence de se séparer de sa cigarette ne serait due qu’à la crainte inconsciente de voir réssurgir de très anciennes angoisses et comportements que le fait de fumer déjouait ou tenait à distance... D’autant plus que très souvent c’est un état d’angoisse qualifiée de «tension» dans le langage quotidien, qui demeure la cause du tabagisme, pris sous l’aspect du besoin excessif de fumer... La différence entre les sexes La raison évoquée serait-elle valable pour les hommes autant que pour les femmes? Pour les psychanalystes, le rapport évocatif est différent, la castration n’étant pas la même pour le sujet mâle et celui du sexe féminin. Si la cigarette pour l’homme est un objet de substitution phallique, son rôle chez la femme, par rapport à son psychique, est différent. Mais face au manque de cet élément, les deux sexes sont à égalité, logés à la même enseigne... Le psychologue et psychanalyste Philippe Grimbert, dans son ouvrage Pas de fumée, sans Freud, soutient qu’il s’agit d’une relation passionnelle avec la cigarette faite d’amour, de souffrance et de déraison. Si les raisons diffèrent, le manque est également dur à vivre pour les deux...
L’histoire de l’homme et du tabac est un duel mortel... On le sait, on le répète, on se le répète et on continue à fumer... Comme toute passion, le tabagisme est une accoutumance funeste où l’auteur est aussi la victime... Si on ne fume que quelques cigarettes par jour «pour le plaisir», il s’agit d’une relation non dangereuse. Mais si, avalé par la spirale, le fumeur entame avec «sa clope» une aventure passionnelle, pleine de fureur et de souffrance, la perte est fatale. Il aura beau se répéter qu’il faut absolument cesser de fumer, passion et déraison ont neuf fois sur dix gain de cause. Le plaisir fusionnel éprouvé lors de ses retrouvailles avec l’objet de sa passion l’aspire dans une spirale dont il devient de plus en plus difficile de s’en dégager... On peut difficilement nier la fonction jouissive...