La reconstruction de l’Afghanistan passe par la remise sur pied du système scolaire, la réparation du réseau routier et des aéroports mais aussi par le retour au pays des cadres afghans, afin de remettre à flot une économie totalement détruite par 20 ans de guerre. «Dans un premier temps, les projets de reconstruction de l’Afghanistan ne doivent pas être “pharaoniques” mais ils doivent être bien réfléchis», a indiqué Étienne Gille, président de l’Afrance, association d’amitié franco-afghane. «Avant de reconstruire, il faudra pacifier le pays et surtout rétablir le système éducatif, ruiné par 20 ans de guerre», explique M. Gille, qui fut pendant une dizaine d’années directeur du bureau pédagogique français à Kaboul. «Le taux d’alphabétisation était de 20 % avant l’invasion soviétique. Aujourd’hui, les jeunes qui ont entre 15 et 20 ans sont analphabètes. Une génération sera nécessaire pour retrouver une population éduquée», estime l’expert. Il est donc indispensable que les cadres afghans exilés à l’étranger (Pakistan, Iran, Inde, Allemagne, États-Unis, Australie...) rentrent au pays pour relancer une économie qui était essentiellement basée sur l’agriculture, l’artisanat et la production de gaz. «Seules des incitations financières pourront déclencher ce retour», estime toutefois M. Gille. L’Afghanistan regorge de richesses naturelles non exploitées jusqu’à présent, du pétrole en particulier. «Au milieu des années 1990, un projet d’exploitation pétrolière sous la conduite de l’américain Unocal, de l’argentin Bridas et du séoudien Delta Oil était très avancé», indique M. Gille. Il a été mis en sommeil fin 1998 avec le retrait d’Unocal. Fermées depuis longtemps, quelques industries fabriquaient du ciment, des briquettes de charbon, des chaussures, des articles textiles. En 1965, les Allemands avaient construit une grande usine permettant de doubler la production de laine. Il faudra également remettre au travail les artisans réfugiés au Pakistan qui tissaient des tapis, battaient l’or ou l’argent et traitaient la peau du karakul, un mouton très prisé pour sa fourrure, l’astrakan. D’autres travaillaient les boyaux d’animaux pour filer un fil chirurgical prisé en Occident. Le système financier est à recréer après la nationalisation des banques privées en 1975, ainsi que celui de la santé. «La France est prête à participer au rétablissement du secteur de la santé», indique M. Gille. «Médecin en langue afghane se dit “French Doctor”», remarque-t-il à ce propos.
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