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Actualités - Opinions

La bête de guerre

L’Afghanistan est à la mode et comme tout phénomène de mode, on n’y échappe pas. Ne parlons pas de l’intox télévisée : c’est assez normal. Ce qui l’est moins, c’est la prolifération de nos doctes stratèges locaux qui viennent à l’antenne évaluer les pertes et profits : on n’est pas phénicien pour rien ! Sans parler de tous ceux qui, il y a à peine quelques mois, auraient été incapables de vous situer le pays en question sur une carte de géographie et qui, depuis, vous parlent de Kandahar comme s’ils y avaient grandi et qui, la nuit, ne rêvent plus qu’en patchoun ! Il y a aussi les fins stratèges qui, ayant joué dans leur jeunesse à la bataille navale, donneraient des leçons à Colin Powell. À moins de jouer les Rambo, nous y voilà. À la télé, on sait exploiter tous les filons possibles. Ainsi on a exhumé des oubliettes le Stallone qui, dans Rambo III précisément, était parachuté en Afghanistan pour sauver son supérieur, retenu prisonnier par les vilains Soviets. Et notre Sylvester était aidé dans sa mission pour un gentil Massoud, allusion peut-être à qui vous savez. Et pour ne pas être en reste, une autre station nous a renvoyé à son tour, par satellite interposé, les images de The Beast Of War où de gentils Afghans poursuivent un tank soviet qui a semé la mort dans leur village. Si le film ne fut jamais projeté chez nous, c’est qu’il avait été tourné non pas en Afghanistan mais en... Israël ! C’est comme je vous le dis, on n’en est plus à une aberration près. Les vilains d’hier sont devenus les gentils et vice versa ! Comprenne qui voudra. Tout cela pour moi, c’est plus du latin mais de l’afghan ! P.S. : La bête de guerre (The Beast Of War), film de Kevin Reynolds avec Jason Patric, Steven Bauer.
L’Afghanistan est à la mode et comme tout phénomène de mode, on n’y échappe pas. Ne parlons pas de l’intox télévisée : c’est assez normal. Ce qui l’est moins, c’est la prolifération de nos doctes stratèges locaux qui viennent à l’antenne évaluer les pertes et profits : on n’est pas phénicien pour rien ! Sans parler de tous ceux qui, il y a à peine quelques mois, auraient été incapables de vous situer le pays en question sur une carte de géographie et qui, depuis, vous parlent de Kandahar comme s’ils y avaient grandi et qui, la nuit, ne rêvent plus qu’en patchoun ! Il y a aussi les fins stratèges qui, ayant joué dans leur jeunesse à la bataille navale, donneraient des leçons à Colin Powell. À moins de jouer les Rambo, nous y voilà. À la télé, on sait exploiter tous les filons possibles. Ainsi...