Les responsables et la presse au Proche-Orient ont réservé hier un accueil mitigé au discours du secrétaire d’État américain Colin Powell qui a annoncé une relance des efforts de paix au Proche-Orient. Dans ce discours de politique étrangère lundi, M. Powell a annoncé le prochain envoi d’une mission américaine au Proche-Orient, tout en appelant les Palestiniens à cesser les violences et Israël à arrêter la colonisation des territoires palestiniens. Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a estimé ce discours d’«équilibré puisqu’il formule des obligations pour les deux parties» et jugé qu’il témoignait d’une «attitude positive». Mais il a relevé que «selon le discours, l’arrêt des violences relève de la responsabilité des deux parties», et non seulement des Palestiniens. Le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Maher a salué ces déclarations et a appelé «toutes les parties (concernées) à coopérer pour l’application de son contenu». En Israël, la presse a exprimé sa déception, tout en soulignant que les déclarations de M. Powell traduisaient la volonté des États-Unis de s’impliquer davantage dans le dossier israélo-palestinien. «Le plus important dans le discours de Powell ce n’est pas son contenu, mais le fait qu’il relance une implication intensive américaine dans le processus (de paix) en promettant un maximum d’efforts», souligne le Yediot Aharonot. Le Maariv estime que «la vision de Powell a un goût de spaghettis réchauffés», alors que le Haaretz écrit que la «politique étrangère des États-Unis ressemble à un porte-avions, lourd à manœuvrer et visant des destinations lointaines». La presse palestinienne s’est montrée moins critique, mais a exigé des actes. Al-Qods souligne qu’il ne «serait pas juste de dire que le discours de M. Powell manque de points positifs. Nous pouvons le décrire comme le premier discours d’un responsable américain qui utilise le terme d’État palestinien tout en parlant de la dignité du peuple palestinien, de son droit à l’autodétermination et de la fin nécessaire de l’occupation». M. Powell «a adopté un nouveau ton qui demande à être traduit dans les faits, avant d’être jugé», écrit al-Hayat al-Jadida. En Syrie, le quotidien gouvernemental Syria Times a regretté que le secrétaire d’État n’ait annoncé «rien de nouveau» et ait «évoqué en termes généraux l’appui de son Administration à un État palestinien sans expliquer ce qu’il entendait par un État viable». Le journal salue cependant la référence par M. Powell à une paix fondée sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité et le principe de l’échange de la terre contre la paix. Dans le Golfe en revanche, la presse a clairement fait part de son désappointement. «Nous sommes déçus des positions américaines», écrit le quotidien émirati al-Khaleej, estimant que «l’Administration américaine n’a pas l’intention de déployer des efforts sincères pour régler le conflit arabo-israélien». Pour Akhbar al-Arab des Émirats, le discours de Powell marque «une totale partialité à l’égard d’Israël». Pour le quotidien séoudien Okaz, «le fait que Powell demande au président palestinien Yasser Arafat de fournir des efforts pour obtenir l’arrêt de la violence en Palestine est décevant et impossible à satisfaire». Au Yémen, un porte-parole officiel a estimé que «les propos du secrétaire d’État américain et ceux du président George W. Bush sur le droit des Palestiniens à un État indépendant permettront au processus de paix de sortir de sa léthargie». Le gouvernement jordanien a salué cette «réactivation du rôle positif des États-Unis», la qualifiant de «pas en avant», et exhorté les deux parties à saisir cette «importante occasion» pour la paix.
Les responsables et la presse au Proche-Orient ont réservé hier un accueil mitigé au discours du secrétaire d’État américain Colin Powell qui a annoncé une relance des efforts de paix au Proche-Orient. Dans ce discours de politique étrangère lundi, M. Powell a annoncé le prochain envoi d’une mission américaine au Proche-Orient, tout en appelant les Palestiniens à cesser les violences et Israël à arrêter la colonisation des territoires palestiniens. Le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa a estimé ce discours d’«équilibré puisqu’il formule des obligations pour les deux parties» et jugé qu’il témoignait d’une «attitude positive». Mais il a relevé que «selon le discours, l’arrêt des violences relève de la responsabilité des deux parties», et non seulement des Palestiniens. Le...
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