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Actualités - Reportages

Le 49e imam

À l’âge de 20 ans, Karim Agha Khan reçoit le titre d’imam des musulmans chiites ismaéliens. Il est le 49e dans cette lignée et le descendant du prophète Mohammed par son cousin et gendre Ali et son épouse Fatima. Rappelons qu’au fil de l’histoire, les ismaéliens ont contribué à la croissance de la civilisation islamique. Les réalisations de l’empire fatimide dominent les chroniques de la première époque de l’histoire ismaélienne qui s’étend, en gros, des débuts de l’Islam jusqu’à la fin du XIe siècle. L’Université d’al-Azhar, l’académie des sciences Dar al-ilm, en Égypte, comme la ville du Caire elle-même, témoignent de leur contribution à la vie culturelle, religieuse et intellectuelle. À l’instar de son grand-père sir sultan Mohammed Shah, l’Agha Khan n’a jamais cessé, depuis son accession à l’imamat, en 1957, à l’âge de 20 ans, de se préoccuper du bien-être de tous les musulmans, s’attachant notamment à résoudre les problèmes socio-économiques. Mais, très vite, le cadre institutionnel mis en place va s’élargir pour devenir le Réseau Agha Khan de développement œuvrant pour le progrès de l’homme, sans distinction de races ou de religions. Ce réseau, installé sur les quatre continents, englobe aussi bien l’architecture, l’éducation, la santé, la promotion de l’entreprise privée et du développement rural. Neutralité politique Le Réseau Agha khan de développement est un groupe d’institutions dont le rôle consiste à améliorer les conditions de vie et les perspectives de progrès social des populations du monde en développement. Chaque institution a un domaine d’activité précis portant sur la santé, l’éducation, l’architecture, le développement rural ou la promotion de l’entreprise privée. Ces institutions poursuivent le même objectif : mettre en œuvre des programmes de nature à faire face aux changements sociaux, économiques et culturels. Bon nombre de ces institutions ont été créées à la fin du XIXe siècle par le grand-père de l’Agha Khan, sir sultan Mohammed Shah, afin de répondre aux besoins de la communauté ismaélienne d’Asie du Sud et d’Afrique de l’Est. Depuis 1957, sous l’impulsion du prince Karim Agha Khan, les institutions ont largement débordé ces frontières . Par ailleurs, le réseau observe une tradition de stricte neutralité politique dans tous les pays concernés. Ses services sont ouverts à tous, sans distinction de confession ou d’origine. La direction des activités du réseau reposent toutefois sur la communauté ismaélienne, forte de ses traditions de bénévolat, d’autosuffisance et de générosité. Rappelons que dans la tradition ismaélienne, les responsabilités de l’imam au sein de la communauté ismaélienne, dont les membres vivent actuellement dans plus de 25 pays, s’exercent non seulement dans l’interprétation de la foi, mais aussi dans la relation de la foi aux conditions de la vie actuelle. De là l’engagement de l’Agha Khan dans le processus de développement où les facteurs économiques, sociaux et culturels se conjuguent pour déterminer la qualité de la vie. Les neuf du jury Le jury du prix Agha Khan d’architecture regroupe : - le pr. Darb Diba, architecte iranien auteur de plusieurs ouvrages et président du département des Arts à l’Université islamique Azad d’Iran. - M. Abdou Filali-Ansary , chercheur marocain en sciences humaines. Il est également directeur de la Fondation du roi Abdul Aziz al-Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines. - M. Dogan Hasol, architecte, écrivain, éditeur turc et membre de l’Union internationale des centres de la construction ( UICB) dont il a été le président de 1989 à 1995. Il a à son actif une encyclopédie de l’architecture ainsi qu’un dictionnaire de l’architecture et de la construction traduit en anglais et en français. - Mme Mona Hatoum, artiste née à Beyrouth d’une famille palestinienne. Résidant et travaillant à Londres depuis 1975, elle est retenue pour le prix Turner en 1995. Deux ans plus tard, le Musée d’art contemporain de Chicago, suivi de ceux de New York et d’Oxford, ont présenté une rétrospective de son travail. Une exposition de ses œuvres a également fait l’objet du lancement de la Tate Britain à Londres. - M. Zahi Hawass, archéologue égyptien et directeur général des pyramides de Gizeh et de Saqqara. - M. Ricardo Legorreta, architecte mexicain. Titulaire de la Médaille d’or de l’ Institut américain des architectes et de celle de l’Union internationale des architectes. - M. Glenn Murcutt, architecte australien. Lauréat de plusieurs prix internationaux dont celui de la Médaille Alvar Aalto en Finlande pour la qualité de son architecture. - Norani Othman, sociologue malaisienne diplômée d’Oxford et affiliée comme chercheuse à l’Institut pour les études supérieures de Berlin. Elle est aussi directrice du Forum malaisien Berhad, organisation de femmes musulmanes connue aussi sous le nom des Sœurs de l’islam (SIS). - M. Raj Rewal, architecte et urbaniste indien formé à New Delhi et Londres, prix du Trust JK. Il est le concepteur du pavillon Nehru au siège Scope, des bâtiments de la Banque mondiale et du Centre ismaélien de Lisbonne, au Portugal. Financement du réseau Ces dernières années, les activités à but non lucratif de la Fondation Agha Khan ont augmenté d’une moyenne annuelle de 140 millions de dollars US. Le financement est assuré par l’imamat et la communauté ismaélienne ainsi que par des organismes donateurs locaux et internationaux. Des apports en capital dans des activités de développement économique sont aussi assurés par l’imamat et par des partenaires appartenant aux secteurs public et privé. Renforcer le rôle du privé Le Réseau Agha Khan de développement cherche à renforcer le rôle du secteur privé dans le monde en développement. C’est dans la coopération avec des gouvernements favorables au secteur privé que se crée, par des mesures législatives et fiscales, ce que l’Agha Khan appelle un «environnement propice au développement». Ces dernières années, des accords ont été signés avec les gouvernements du Bangladesh, du Kenya, de l’Ouganda, du Pakistan, du Tadjikistan et de la Tanzanie... Architecture islamique Créé en 1979, le programme Agha Khan d’architecture islamique à l’Université de Harvard et au Massachusetts institute of Technology (MIT) a pour objectif d’améliorer l’enseignement de l’art et de l’architecture islamique, de favoriser l’excellence dans la recherche professionnelle et de faire connaître l’architecture et l’urbanisme musulmans à la lumière des questions de développement actuelles. Le financement de ce programme s’est chiffré à quelque 58 millions de dollars en 2001 . Il apporte un soutien à des chaires et à des projets au MIT et à Harvard, consacrés à l’architecture dans le monde islamique. Signalons que les écoles et les étudiants en architecture du monde entier peuvent utiliser directement les collections de documents visuels de Harvard, du MIT et du Trust grâce à Archnet, lancé sur l’Internet en 1999.
À l’âge de 20 ans, Karim Agha Khan reçoit le titre d’imam des musulmans chiites ismaéliens. Il est le 49e dans cette lignée et le descendant du prophète Mohammed par son cousin et gendre Ali et son épouse Fatima. Rappelons qu’au fil de l’histoire, les ismaéliens ont contribué à la croissance de la civilisation islamique. Les réalisations de l’empire fatimide dominent les chroniques de la première époque de l’histoire ismaélienne qui s’étend, en gros, des débuts de l’Islam jusqu’à la fin du XIe siècle. L’Université d’al-Azhar, l’académie des sciences Dar al-ilm, en Égypte, comme la ville du Caire elle-même, témoignent de leur contribution à la vie culturelle, religieuse et intellectuelle. À l’instar de son grand-père sir sultan Mohammed Shah, l’Agha Khan n’a jamais cessé, depuis son...