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Actualités - Chronologies

Sébastien Grosjean si proche, si loin

À Pra-Loup, enfant, il dévalait les pentes, skis aux pieds, en casse-cou. Adolescent, il a eu du mal à remonter la pente, exclu à 15 ans de l’Insep en 1994 pour manque d’envergure physique. À Sydney cette semaine, il s’est découvert champion arrivé à maturité en se hissant en finale de la Masters Cup, pour lorgner, non sans raison, vers le sommet de la hiérarchie du tennis mondial. Pour Sébastien Grosjean, longtemps soumis au clair-obscur, tout s’accélère actuellement mais l’intéressé ne s’emballe pas pour autant. Il savoure, oui. Il jubile même, lâchant quelques gestes rageurs. Il s’est aussi permis cette semaine à Sydney quelques rares éclairs de spontanéité sur le court, preuve chez lui d’une confiance débordante. Mais le champion ne perd ni la tête ni, même aux Antipodes, le nord. La finale perdue hier face à Lleyton Hewitt a d’ailleurs démontré le chemin qui lui reste à faire. Moins dans le maniement de la balle que dans la maîtrise de l’émotivité lors des grands événements. Car Grosjean le champion, c’est le feu sous la glace, paradoxe de plus pour un Marseillais fou de l’OM, un plaisantin patenté, et un adepte de tous les jeux d’adresse et de chance. Se sentant à un moment déconsidéré, il avait pris alors le pli de l’auto- scepticisme, le pli d’un certain complexe d’infériorité. De tout cela, il est maintenant partiellement revenu. Mais le souvenir de certaines humiliations – il a encore du mal à reparler de sa raclée face à l’Australien Mark Philippoussis en finale de la Coupe Davis à Nice en 1999, où bien les deux balles de match évanouies face à Arnaud Clément en demi-finale de l’Open d’Australie cette année – lui sert sans doute d’aiguillon et de piqûre de rappel. Cela stimule chez lui un amour-propre alors bafoué, cela renforce un désir de revanche. Pourtant, la finale d’hier a été l’illustration de l’abîme qui peut s’ouvrir encore sous ses pieds au moment d’un sacre éventuel. À Bercy, Grosjean, victorieux du Masters Series de Paris, est allé au bout de son propos. À Sydney, après une élocution claire, il a bafouillé son texte. S’il possède actuellement les moyens pour aller loin, il ne maîtrise pas encore un esprit qui risque de se crisper quand il faut achever la tâche si brillamment entreprise. Pour l’année prochaine, il l’a redit hier, il veut gagner un tournoi majeur. «Et dans deux, voire trois ans, devenir numéro un». L’actuel détenteur de ce siège aura bien sûr son mot à dire à ce propos. Et pour Pier Gauthier, l’entraîneur de Grosjean, Lleyton Hewitt est le pire cauchemar de son poulain. «Je crois que la nervosité de “Seb” en finale tenait davantage à l’adversaire qu’à l’enjeu. C’est l’homme qu’il peut le plus craindre au monde. Andre Agassi et Yevgeni Kafelnikov n’aiment pas être bousculés. Hewitt, lui, se régale. Et contre lui, il faut donc aller au charbon. On sait que ce sera dur, long, et que le “mec” en face ne va rien lâcher. “Seb” a peut-être craint ça au départ». Grosjean ne veut pas l’avouer. Même s’il admet qu’il n’était pas tout à fait en état de se défendre : «Il faut être prêt mentalement. Le Masters, c’est les meilleurs du monde et il faut pouvoir se remettre dedans chaque jour. Je n’ai pas réussi à le faire en finale».
À Pra-Loup, enfant, il dévalait les pentes, skis aux pieds, en casse-cou. Adolescent, il a eu du mal à remonter la pente, exclu à 15 ans de l’Insep en 1994 pour manque d’envergure physique. À Sydney cette semaine, il s’est découvert champion arrivé à maturité en se hissant en finale de la Masters Cup, pour lorgner, non sans raison, vers le sommet de la hiérarchie du tennis mondial. Pour Sébastien Grosjean, longtemps soumis au clair-obscur, tout s’accélère actuellement mais l’intéressé ne s’emballe pas pour autant. Il savoure, oui. Il jubile même, lâchant quelques gestes rageurs. Il s’est aussi permis cette semaine à Sydney quelques rares éclairs de spontanéité sur le court, preuve chez lui d’une confiance débordante. Mais le champion ne perd ni la tête ni, même aux Antipodes, le nord. La finale...