Le président iranien Mohammad Khatami a reconnu dans une interview diffusée hier par la chaîne CNN qu’Oussama Ben Laden et son groupe el-Qaëda sont vraisemblablement impliqués dans les attentats du 11 septembre aux États-Unis. «Il semble, compte tenu de plusieurs développements, que des groupes et des individus qui ont été cités pourraient avoir été impliqués dans cela», a dit le président iranien, qui était interrogé sur l’implication de Ben Laden et de son groupe. «La question de qui est derrière cet attentat doit trouver une réponse par des preuves et il y a probablement quelques preuves, bien que nous ne les ayons pas reçues ou vues nous-mêmes», a ajouté M. Khatami. C’est la première fois qu’un dirigeant iranien de premier plan admet l’implication probable d’Oussama Ben Laden et de son groupe el-Qaëda dans les attentats, relèvent les analystes. «Nous avons condamné le terrorisme sous toutes ses formes et nous pensons que le terrorisme sous toutes ses formes est inacceptable», a encore dit M. Khatami. Téhéran a demandé plusieurs fois des preuves sur l’implication de Ben Laden et insisté sur le fait que la guerre contre le terrorisme doit être menée sous l’égide de l’Onu. L’Iran avait très rapidement condamné les attentats à New York et à Washington, une condamnation réitérée par M. Khatami, qui a affirmé que l’«attaque du 11 septembre est la forme la plus horrible du terrorisme». Mais Téhéran s’est également opposée aux frappes américano-britanniques sur l’Afghanistan. Concernant l’avenir de l’Afghanistan, M. Khatami a estimé que la crise actuelle devait être suivie d’une «période de transition (...) avec un gouvernement réunissant tous les groupes afghans acceptés par la communauté internationale et le peuple d’Afghanistan». Selon lui, «cette période doit être supervisée par les Nations unies», pour que le peuple afghan puisse, dans une étape ultérieure, «voter et décider de son propre sort». L’Iran préconise le retour au pouvoir du président afghan déchu Burhanuddin Rabbani renversé en 1996 par les talibans, dont le régime n’est pas reconnu par Téhéran. Interrogé sur les relations irano-américaines, gelées depuis la révolution islamique de 1979, le président iranien a affirmé qu’il y avait «beaucoup de méfiance», entre les deux parties. «Nous sommes accusés de terrorisme ou, du moins, nous sommes sur la liste des pays terroristes (...) alors, malgré quelques développements positifs, nous demandons des mesures concrètes», a dit M. Khatami. Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a déclaré que l’Iran, toujours placé sur la liste américaine des États sponsorisant le terrorisme, aurait sans aucun doute un rôle à jouer dans la mise en place d’un gouvernement posttaliban, en cas de victoire contre la milice fondamentaliste. Concernant les cris de «Mort à l’Amérique» lancés chaque vendredi lors de la prière dans les mosquées en Iran, M. Khatami a déclaré que «ces slogans ne visent pas le peuple américain, mais la politique erronée qui vise selon nous notre peuple et notre nation. Dans notre pays, les gens ont témoigné leur sympathie au peuple des États-Unis», a-t-il ajouté.
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