Une nouvelle discipline médicale est en train de se développer grâce aux progrès fulgurants de la technologie scientifique: la médecine prédictive. Du fait qu’elle s’associe de plus en plus à la prévention, on peut prévoir qu’elle marque, en fait, une nouvelle orientation proche de celle d’Hippocrate qui décelait dans l’art de soigner comme objectif suprême non pas la guérison mais l’équilibre parfait et l’harmonisation des diverses fonctions, donc la santé. Le précepte, on le constate, est loin d’être neuf et voilà bien longtemps que la médecine faisait de la prévention un support privilégié de la santé, sans toutefois lui accorder l’importance et l’interprétation prédictive que lui accorde aujourd’hui la science médicale.En scrutant, en effet, l’historique du patient, on est en mesure, déjà, de surveiller les points faibles et les risques de sa descendance. Hypertension, diabète, maladies cardiovasculaires suscitaient déjà de la prudence même si aucune preuve tangible ne venait confirmer scientifiquement le lien entre cause et effet. Aujourd’hui, les preuves sont évidentes. La médecine prédictive scrute le passé de la lignée autant que l’état de santé de la descendance, tout en prévoyant les risques de la génération qui suit. La biologie moléculaire, discipline scientifique récente, a permis entre autres performances la détection, dans le code génétique individuel, des maladies «familiales» dont le sujet est l’héritier. Le décryptage du génome humain amène à l’identification d’un nombre de gènes porteurs de certains fléaux héréditaires, tels que la myopathie de Duchenne (paralysie musculaire n’atteignant que les mâles), la mucoviscidose, la Danse de St-Guy et bien d’autres maux. Près de quatre mille maladies de ce type ont pu être recensées déjà et leur identification est en voie d’élaboration. Les prédispositions malencontreuses Les travaux des chercheurs ont également permis la découverte dans le code génétique des prédispositions «fâcheuses». Il faudrait préciser que ces «tendances» ne sont pas inéluctables sauf dans quelques cas ou certains héritages trop lourds. Il est parfaitement possible aujourd’hui de gérer cet héritage en adaptant un mode de vie en conséquence, évitant tout ce qui peut contribuer à leur éclosion. Le diabète, l’hypertension, certains cancers et des maladies psychiatriques (autisme, schizophrénie, dépression) en font partie, «sans pour autant signifier une fatalité», selon Axel Kann, généticien à l’Inserm (France).
Une nouvelle discipline médicale est en train de se développer grâce aux progrès fulgurants de la technologie scientifique: la médecine prédictive. Du fait qu’elle s’associe de plus en plus à la prévention, on peut prévoir qu’elle marque, en fait, une nouvelle orientation proche de celle d’Hippocrate qui décelait dans l’art de soigner comme objectif suprême non pas la guérison mais l’équilibre parfait et l’harmonisation des diverses fonctions, donc la santé. Le précepte, on le constate, est loin d’être neuf et voilà bien longtemps que la médecine faisait de la prévention un support privilégié de la santé, sans toutefois lui accorder l’importance et l’interprétation prédictive que lui accorde aujourd’hui la science médicale.En scrutant, en effet, l’historique du patient, on est en mesure,...
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