Cinq reals (deux dollars) par kilo de rats morts : tel est le moyen controversé qu’a trouvé la mairie de Nova Iguaçu, dans la grande banlieue pauvre de Rio, pour mener à bien une campagne de dératisation. «La mairie, qui n’a pas un sou, ne va pas débourser un centime. Nous avons passé un accord avec une entreprise spécialisée de Sao Paulo qui mettra de la mort-aux-rats dans les maisons infestées. Deux ou trois jours après, les employés de l’entreprise reviendront pour ramasser les rats, les peser et payer les habitants», a déclaré l’une des attachées de presse de la mairie. «Cette entreprise de Sao Paulo a déjà opéré dans d’autres villes du pays et nous a offert gracieusement ses services quand elle a appris notre problème», a ajouté la responsable. Selon elle, «la mairie recommandera à la population de Nova Iguaçu – où l’on enregistre six rats par habitant, soit le double de la moyenne mondiale, d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS) – de ne pas toucher aux rats». La mairie prévoit qu’elle recueillera, dès le début de la campagne, huit tonnes de rats ce qui correspondrait à 27 000 rongeurs, chacun d’entre eux pesant en moyenne 300 grammes. Mais plusieurs voix s’élèvent déjà contre la campagne de dératisation, notamment celle du président du syndicat des médecins de Rio de Janeiro, Jorge Darze, qui l’a qualifiée de «honteuse» et d’«irresponsable». «Mettre de la mort-aux-rats et payer les habitants ne servira à rien s’ils doivent vivre avec des égouts à ciel ouvert et des ordures non ramassées», a estimé Darze, qui va jusqu’à penser que certains des 750 485 habitants de la ville «feront un élevage de rats pour toucher l’argent». Un vétérinaire a estimé quant à lui que la population locale court le risque d’attraper la leptospirose, une maladie transmise par l’urine de rats. L’ex-secrétaire à la Santé de Rio de Janeiro, Sergio Arouca, a considéré néanmoins que toute campagne pour réduire l’incidence des rats dans la ville «est valable». Arouca a rappelé que l’idée de rémunérer la population pour la capture de rats a été inaugurée au début du XXe siècle par le médecin Oswaldo Cruz, alors directeur général de la Santé (équivalent aujourd’hui du ministre de la Santé). Cruz luttait contre la peste et voulait les puces des rats pour fabriquer un sérum.
Cinq reals (deux dollars) par kilo de rats morts : tel est le moyen controversé qu’a trouvé la mairie de Nova Iguaçu, dans la grande banlieue pauvre de Rio, pour mener à bien une campagne de dératisation. «La mairie, qui n’a pas un sou, ne va pas débourser un centime. Nous avons passé un accord avec une entreprise spécialisée de Sao Paulo qui mettra de la mort-aux-rats dans les maisons infestées. Deux ou trois jours après, les employés de l’entreprise reviendront pour ramasser les rats, les peser et payer les habitants», a déclaré l’une des attachées de presse de la mairie. «Cette entreprise de Sao Paulo a déjà opéré dans d’autres villes du pays et nous a offert gracieusement ses services quand elle a appris notre problème», a ajouté la responsable. Selon elle, «la mairie recommandera à la population...
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