Près de deux mois après les attentats du 11 septembre, la Croix-Rouge américaine se retrouve dans le collimateur pour sa gestion controversée de millions de dollars destinés aux familles des victimes mais dont certaines n’ont encore rien vu venir. Au centre de cette polémique, qui a éclaté au grand jour mardi lors d’une audition mouvementée au Congrès américain, figure la décision de la Croix-Rouge américaine, la principale organisation caritative aux États-Unis, de bloquer près de 200 millions de dollars en fonds recueillis depuis le 11 septembre et destinés aux familles des victimes dans le but de faire face «à de futures menaces terroristes». Au total, depuis les attentats, les Américains ont, dans un vaste élan de solidarité, fait don de plus d’un milliard de dollars à des dizaines d’organisations caritatives. À elle seule, la Croix-Rouge, qui a mis en place un fonds spécial appelé «fonds de la liberté» (Liberty Fund), a recueilli 564 millions de dollars, selon l’organisation. Le succès a été tel que la Croix-Rouge a décidé la semaine dernière de ne plus accepter de contributions. Le problème, c’est que ce généreux pactole reste en grande partie encore à distribuer et de nombreuses familles se sont plaintes d’un système complexe et bureaucratique. «Beaucoup de familles des victimes du World Trade Center, après avoir été dévastées par la disparition de leurs proches, doivent affronter un système complexe mis en place afin de leur venir en aide», a dénoncé en fin de semaine dernière le quotidien Chicago Tribune, dans un éditorial. Quant à la Croix-Rouge, «elle s’est elle-même créé des problèmes dès le début en refusant de participer à une banque de données centralisée pour mieux distribuer l’argent aux plus nécessiteux», ajoutait le journal. Mardi, l’affaire a pris un tournant plus dramatique, à l’occasion d’une audition à la Chambre des représentants. Sur la sellette, la présidente de la Croix-Rouge, Bernadine Healy, qui est démissionnaire depuis le 26 octobre, a subi l’ire d’élus démocrates et républicains, qui se sont interrogés sur la gestion effectuée par l’organisation de ce fonds. Pressée de s’expliquer, Mme Healy a indiqué qu’un peu plus de 300 millions de dollars avaient été prévus pour venir directement en aide aux familles, mais que 200 millions environ seraient bloqués afin de permettre à l’organisation à faire face à de futurs besoins en cas de nouvelles attaques terroristes. Elle a notamment cité l’urgence de stocker du sang congelé. Cela lui a valu une volée de bois de vert d’élus, dont l’un, le démocrate Peter Deutsch, s’est exclamé : «Aussi important que soit le sang congelé, je ne pense pas que ceux qui ont écrit un chèque (après les attentats) avaient cela en tête». Invitée à raconter son expérience, Elizabeth McLaughlin, originaire de Pelham dans l’État de New York, et dont le mari a disparu dans les attentats, a évoqué un scénario cauchemardesque pour récupérer l’aide et dénoncé la paperasserie. «Je ne pense pas que ceux qui ont donné de l’argent à différents fonds de charité aient pensé un seul instant que leurs dons feraient l’objet d’une telle bureaucratie et deviendraient une source de frustration pour les familles elles-mêmes», a-t-elle indiqué.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Près de deux mois après les attentats du 11 septembre, la Croix-Rouge américaine se retrouve dans le collimateur pour sa gestion controversée de millions de dollars destinés aux familles des victimes mais dont certaines n’ont encore rien vu venir. Au centre de cette polémique, qui a éclaté au grand jour mardi lors d’une audition mouvementée au Congrès américain, figure la décision de la Croix-Rouge américaine, la principale organisation caritative aux États-Unis, de bloquer près de 200 millions de dollars en fonds recueillis depuis le 11 septembre et destinés aux familles des victimes dans le but de faire face «à de futures menaces terroristes». Au total, depuis les attentats, les Américains ont, dans un vaste élan de solidarité, fait don de plus d’un milliard de dollars à des dizaines d’organisations...