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Actualités - Chronologies

Le clivage réformateurs-conservateurs refait surface

En sourdine depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les polémiques entre réformateurs, proches du président Mohammad Khatami, et conservateurs sont revenues au premier plan en Iran, aussi bien sur un dialogue avec Washington que sur les choix de politique intérieure. Dans un déplacement en province, l’ayatollah Ali Khamenei, guide de la République islamique d’Iran, a mis en garde cette semaine ceux qui chercheraient à profiter de la tension internationale et régionale actuelle pour infléchir la politique iranienne. La révolution islamique «ne peut pas être stoppée», a averti le guide, unique référence des conservateurs. «Je dis aux ennemis de cette révolution, qu’ils soient à l’étranger ou à l’intérieur (de notre pays) : si vous nourrissez un espoir, sachez que vous ne faites qu’un mauvais rêve !», a-t-il ajouté, reprenant une formule traditionnelle, qui vise indirectement, non M. Khatami, mais certains de ses partisans. Près de cinq mois après sa triomphale réélection, M. Khatami est toujours entravé dans ses réformes – libéralisation de la presse, investissements étrangers – par les institutions du régime, contrôlées par les conservateurs. Les suspensions de journaux tout comme les arrestations se poursuivent. Le gouvernement est surtout mobilisé à calmer les revendications sociales et à enrayer la chute des recettes pétrolières, et n’a engagé aucune réforme d’ampleur. À quatre reprises en deux semaines, après chaque match qualificatif de l’équipe nationale pour la Coupe du monde de football, des incidents parfois graves – affrontements avec forces de l’ordre, saccages de banques et des centaines d’arrestations – ont émaillé les soirées des principales villes du pays. Pour certains, ces manifestations servent d’exutoire à une jeunesse «en mal de distraction et d’avenir professionnel», selon l’expression du député réformateur Behrouz Afkhrami. Mais des slogans contre les religieux ont fleuri dans ces manifestations et des responsables des deux camps y voient une forme nouvelle de contestation politique, susceptible de toucher aux fondements mêmes du régime. La police s’est lancée dans une campagne de confiscation des antennes satellitaires permettant de capter les télévisions étrangères, en particulier deux chaînes proches des monarchistes émettant en langue persane depuis Los Angeles. Cette mesure est «futile» au regard des progrès technologiques, a répliqué le quotidien réformateur Iran News. Le clivage s’est aussi cristallisé sur la crise internationale, même si les dirigeants iraniens ont adopté sur le fond une position commune : condamnation des attentats du 11 septembre et des frappes américaines, et insistance pour que l’Onu joue un rôle majeur dans la campagne contre le terrorisme. C’est sur les relations avec les États-Unis que le fossé se creuse. M. Khamenei a catégoriquement rejeté tout dialogue, alors que d’influents députés réformateurs, tel Mohammad Naïmipour, l’ont demandé. «Les relations entre l’Iran et les pays européens se sont fortement intensifiées depuis le 11 septembre», explique un diplomate européen. «Mais nous relevons des différences de ton entre les différents courants du régime, qui peuvent s’avérer des handicaps, et compliquer des discussions Téhéran-Washington, souhaitées par l’Union européenne», ajoute-t-il. «Il y a des changements, certes fragiles et lents», estime cependant le professeur de sociologie Chahrdod Rahmanpour, qui cite «le fait que le guide ait convenu que les partisans du dialogue avec Washington étaient de bonne foi» alors que le chef de la justice Mahmoud Chahroudi les avait menacés quelques jours plus tôt de poursuites judiciaires. M. Rahmanpour mentionne également «un débat sans précédent, vendredi, à la télévision, où les participants, dont des proches des conservateurs, ont dit qu’il ne fallait plus essayer de contrôler la jeunesse».
En sourdine depuis les attentats du 11 septembre aux États-Unis, les polémiques entre réformateurs, proches du président Mohammad Khatami, et conservateurs sont revenues au premier plan en Iran, aussi bien sur un dialogue avec Washington que sur les choix de politique intérieure. Dans un déplacement en province, l’ayatollah Ali Khamenei, guide de la République islamique d’Iran, a mis en garde cette semaine ceux qui chercheraient à profiter de la tension internationale et régionale actuelle pour infléchir la politique iranienne. La révolution islamique «ne peut pas être stoppée», a averti le guide, unique référence des conservateurs. «Je dis aux ennemis de cette révolution, qu’ils soient à l’étranger ou à l’intérieur (de notre pays) : si vous nourrissez un espoir, sachez que vous ne faites qu’un mauvais...