Un vaccin expérimental contre la maladie du charbon a été testé avec succès sur des rongeurs contaminés par le bacille du charbon à l’Institut Pasteur, selon une chercheuse, responsable de l’étude. «Nous avons réussi à mettre au point un vaccin qui fonctionne sur les souris contaminées par l’anthrax (nom anglais du charbon)», a indiqué Michèle Mock, chef de l’Unité toxines et pathogénie bactérienne de l’Institut Pasteur (Paris) au quotidien Le Parisien. «Contrairement au vaccin vétérinaire destiné aux animaux (bactérie atténuée), ce n’est pas un vaccin vivant», a précisé le professeur Mock dont l’équipe travaille sur des projets pour les deux vaccins humain et animal. La recherche vaccinale vise aussi à améliorer la sécurité du vaccin d’usage vétérinaire qui marche déjà bien, rappelle-t-elle. «Nous avons trouvé des composants qui semblent donner une très bonne protection sur des animaux de laboratoires, souris et cobayes», a-t-elle dit par ailleurs. Mais «plusieurs années» seront de toute façon nécessaires avant que l’homme puisse disposer du vaccin, a-t-elle ajouté sur France Inter. Ce prototype de vaccin «est élaboré à partir d’une protéine entrant dans la composition des toxines de la bactérie du charbon, à laquelle ont été ajoutés des composants de la spore», a indiqué le Pr Mock. Une fois dans l’organisme, la spore de charbon germe libère la bactérie qui produit des toxines. Les antibiotiques ne peuvent rien contre les toxines qui constituent donc une cible stratégique de la recherche vaccinale. Avant la survenue de contaminations aux États-Unis, les travaux de son laboratoire n’intéressaient guère, constate-t-elle. «Les événements tragiques vont peut-être modifier la donne», commente la chercheuse qui «pourrait envisager, si un industriel l’aide, de passer à un essai de phase 1, dit de non-toxicité, sur l’homme». Il s’agit de test pour vérifier si la préparation est bien supportée par l’organisme humain et non d’un test d’efficacité. L’enjeu est d’importance, car il n’existe pas actuellement de vaccin satisfaisant pour l’homme, aux yeux des spécialistes. Le vaccin existant aux États-Unis entraîne des effets secondaires (fatigue, malaise, état grippal) et ne confère pas une immunité de longue durée. «C’est un vaccin médiocre», selon le professeur François Bricaire, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Pitié-Salpétrière (Paris). L’unique fabricant américain du vaccin, BioPort, a dû interrompre la fabrication en 1998 parce que ses laboratoires ne répondaient plus aux normes sanitaires en vigueur. Cette firme a depuis demandé aux autorités sanitaires l’autorisation de reprendre la distribution du vaccin.
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