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Actualités - Book Reviews

ÉDITION - Les enfants des rues en roman

La condition des enfants dans la gare Victoria de Bombay entre débrouille, luttes entre bandes, violence, drogue et solidarité : le Français Christian Petit en rend compte avec exactitude dans un roman, «Bombay Victoria», relatant ses propres observations de terrain. Ce Français, docteur en ethnologie, avait reçu en 1997 un grand prix du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) pour un livre documentaire, Les petits moissonneurs de la forêt», qui rassemblait ses expériences de chargé de mission du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) dans la zone Asie-Pacifique entre 1989 et 1996. Pour Bombay Victoria, Christian Petit s’est inspiré d’une histoire vraie rapportée dans un chapitre de ce livre. Effectivement, l’histoire, rappelant en moins dramatique Salaam Bombay, le film de Mira Nair (1988), fourmille de personnages et de notations sorties tout droit de la réalité d’une ville tentaculaire aux mille facettes et mille métiers. Elle décrit une condition de misère, de mauvaise santé, de mépris des enfants des rues. Mais en même temps, ces petits personnages – y compris de petites filles habillées en garçons – qui errent et se battent entre bandes pour leur survie, peuvent parfois rebondir, ont de l’inventivité et parfois du courage pour affronter un monde adulte qui les traite de «fils de mangeur de vache» et de «vermine». C’est le destin de Raju qui est raconté : ce jeune menuisier de douze ans, voué à la servitude de l’usurier du village après le décès de son père, décide de fuir à Bombay et d’y gagner sa vie, avec l’espoir de ramener assez d’argent pour la dot de sa sœur. Mais il va atterrir à Victoria Terminus. Le livre fait aussi découvrir les associations indiennes et internationales qui se consacrent à ces enfants, tentant de les protéger, les soigner, les scolariser, les resocialiser à l’abri des dangers, leur trouver un premier petit emploi. Autant l’intrigue entre adultes est un peu faible, autant tout ce qui touche les enfants est finement observé. L’expérience humanitaire transposée dans un roman la rend plus vivante pour le lecteur, en saisissant des moments, des situations incroyables à nos yeux d’Occidentaux, dans un univers de précarité absolue.
La condition des enfants dans la gare Victoria de Bombay entre débrouille, luttes entre bandes, violence, drogue et solidarité : le Français Christian Petit en rend compte avec exactitude dans un roman, «Bombay Victoria», relatant ses propres observations de terrain. Ce Français, docteur en ethnologie, avait reçu en 1997 un grand prix du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) pour un livre documentaire, Les petits moissonneurs de la forêt», qui rassemblait ses expériences de chargé de mission du CCFD (Comité catholique contre la faim et pour le développement) dans la zone Asie-Pacifique entre 1989 et 1996. Pour Bombay Victoria, Christian Petit s’est inspiré d’une histoire vraie rapportée dans un chapitre de ce livre. Effectivement, l’histoire, rappelant en moins dramatique Salaam Bombay, le film de Mira...